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Ramasser du bois en forêt pour vous chauffer cet hiver ? Attention, vous risquez jusqu’à 45 000 euros d’amende pour cette grave erreur

Une · · Par Claire BERNARD

Ramasser du bois en forêt pour vous chauffer cet hiver ? Attention, vous risquez jusqu’à 45 000 euros d’amende pour cette grave erreur

À l'approche de l'hiver, alors que la hausse des prix de l'énergie pousse de nombreux ménages à rechercher des alternatives au chauffage traditionnel, l'Office

À l'approche de l'hiver, alors que la hausse des prix de l'énergie pousse de nombreux ménages à rechercher des alternatives au chauffage traditionnel, l'Office National des Forêts (ONF) rappelle une règle souvent méconnue : ramasser du bois en forêt, même mort ou tombé au sol, est strictement réglementé. Selon des informations rapportées par Midi Libre, cette pratique, perçue comme anodine par beaucoup de particuliers, peut exposer son auteur à des sanctions financières particulièrement lourdes, pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros. ## Un cadre juridique strict et méconnu En effet, le Code forestier encadre précisément la collecte de bois, qu'il s'agisse de bois mort, de chablis ou de branches tombées après une tempête. La réglementation distingue plusieurs situations : dans les forêts domaniales, propriété de l'État et gérées notamment par l'ONF, tout prélèvement sans autorisation constitue une infraction. D'après des sources gouvernementales, le ramassage non autorisé relève du régime des contraventions et délits forestiers, avec des amendes qui varient selon la quantité prélevée et le statut du terrain concerné. ## Jusqu'à 45 000 euros d'amende Le montant évoqué par Midi Libre — jusqu'à 45 000 euros d'amende — correspond aux cas les plus graves, notamment lorsque le prélèvement est réalisé en bande organisée, avec un véhicule, ou qu'il porte sur une quantité significative de bois. Cette sanction pourrait également s'accompagner de peines complémentaires, comme la confiscation du matériel utilisé ou du véhicule. Toutefois, ces montants demeurent des plafonds théoriques : dans la pratique, les tribunaux prononcent le plus souvent des amendes proportionnées à la gravité des faits et aux ressources du contrevenant. ## Une pratique en hausse avec la crise énergétique Cette mise en garde intervient dans un contexte particulier. Depuis 2022, la flambée des prix du gaz et de l'électricité a conduit un nombre croissant de foyers à se tourner vers le chauffage au bois. Selon plusieurs associations de consommateurs, la demande de bûches et de granulés a fortement augmenté, entraînant des tensions sur l'approvisionnement et une hausse des tarifs. Ce contexte pourrait expliquer une recrudescence des prélèvements illégaux en forêt, d'autant plus que certains particuliers ignorent encore la distinction entre forêt privée et forêt publique. ## Les alternatives légales existantes Par ailleurs, il existe des dispositifs encadrés permettant de se procurer du bois légalement. L'ONF propose notamment des ventes de bois de chauffage aux particuliers, sous forme de lots ou de coupes autorisées, ainsi que des permis de ramassage pour le bois mort dans certaines zones délimitées. Les communes forestières peuvent également organiser des distributions encadrées après des tempêtes. Ces solutions, moins connues du grand public, permettraient de concilier besoin de chauffage et respect du patrimoine forestier. La réglementation vise en effet un objectif de préservation : le bois mort joue un rôle écologique essentiel, servant d'habitat à de nombreuses espèces et participant au renouvellement des sols forestiers. Un ramassage massif pourrait fragiliser ces écosystèmes, d'autant plus que les forêts françaises subissent déjà les effets du changement climatique.