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Racistes, complotistes, misogynes : les graves dérives de policiers municipaux de Carcassonne qui se sont filmés sans le vouloir

Une · · Par Claire BERNARD

Racistes, complotistes, misogynes : les graves dérives de policiers municipaux de Carcassonne qui se sont filmés sans le vouloir

## Carcassonne : des policiers municipaux filmés à leur insu révèlent des propos racistes et misogynes Un équipage de la police municipale de Carcassonne, dans

## Carcassonne : des policiers municipaux filmés à leur insu révèlent des propos racistes et misogynes Un équipage de la police municipale de Carcassonne, dans l'Aude, s'est enregistré sans le savoir lors d'une patrouille de six heures en novembre 2025, selon des informations rapportées par *Midi Libre*. Les images, que le quotidien régional indique avoir pu consulter, mettent en lumière des échanges qualifiés de racistes, complotistes et misogynes tenus par les agents durant leur service. Cette affaire soulève des interrogations sur les pratiques internes et la culture professionnelle au sein des forces de sécurité municipales de la préfecture audoise. ### Des propos captés accidentellement lors d'une patrouille nocturne D'après les éléments publiés par *Midi Libre*, l'enregistrement aurait été réalisé à l'insu des fonctionnaires concernés, probablement par activation involontaire d'un dispositif embarqué ou personnel. Les six heures de patrouille ainsi captées contiendraient des conversations entre agents où se mêleraient stéréotypes ethniques, théories du complot et remarques dégradantes envers les femmes. Le journal précise que la nature exacte du support technique ayant permis cet enregistrement accidentel n'a pas été officiellement communiquée, mais que la bande sonore a pu être authentifiée comme correspondant à un service de nuit effectif. Ces révélations interviennent dans un contexte où la question de la déontologie policière fait l'objet d'une attention médiatique et citoyenne soutenue. Les propos rapportés, s'ils étaient confirmés, contrediraient les obligations légales et réglementaires auxquelles sont soumis les agents de police municipale, notamment en matière de neutralité et de respect des principes républicains. La mairie de Carcassonne, autorité de tutelle de ce service, n'avait pas, au moment de la publication de l'article, communiqué officiellement sur les suites envisagées. ### Une procédure disciplinaire potentiellement engagée Selon les informations de *Midi Libre*, les enregistrements auraient été transmis à la hiérarchie de la police municipale ainsi qu'aux services de la mairie. Une enquête administrative semblerait en cours afin de déterminer l'étendue exacte des propos tenus et d'identifier précisément les agents impliqués. Les sanctions encourues pourraient aller d'un simple avertissement à une révocation, selon la gravité des faits retenus et leur qualification juridique. Le code général des collectivités territoriales encadre strictement la discipline au sein des polices municipales, et des manquements à l'obligation d'exemplarité peuvent justifier des mesures allant jusqu'au licenciement. Par ailleurs, cette affaire pourrait avoir des répercussions au-delà du seul volet disciplinaire. Si les propos tenus devaient être qualifiés de provocation à la discrimination ou à la haine raciale, l'institution judiciaire pourrait être saisie. Les articles 225-1 et suivants du code pénal répriment en effet les discriminations commises par des personnes dépositaires de l'autorité publique, avec des circonstances aggravantes lorsque les faits sont perpétrés dans l'exercice des fonctions. ### Un précédent qui interroge les pratiques de contrôle interne Cette affaire carcassonnaise rappelle que les forces de l'ordre municipales, bien que soumises à un contrôle hiérarchique, disposent d'une certaine autonomie opérationnelle lors des patrouilles. Les dispositifs de vidéoprotection et d'enregistrement audio, lorsqu'ils sont actifs, peuvent servir d'outils de contrôle a posteriori, mais leur activation reste souvent discrétionnaire. Selon plusieurs observateurs des politiques de sécurité locale, le recours croissant aux caméras-piétons, notamment dans les grandes agglomérations, tend à réduire les zones d'ombre où peuvent s'exprimer des dérives verbales. La mairie de Carcassonne, dirigée par Gérard Larrat depuis 2010, devra répondre de ces révélations dans un calendrier contraint. Les syndicats de police municipale, contactés par le quotidien régional, n'avaient pas encore réagi au moment de la publication. Cette affaire pourrait également relancer le débat sur la formation initiale et continue des agents de police municipale en matière de lutte contre les discriminations et de respect des valeurs républicaines.