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Qui peut tenir tête à Poutine et négocier avec Trump? C'est la question que devront trancher les Français dans leur vote en 2027

Economie · · Par Julie MOREAU

Qui peut tenir tête à Poutine et négocier avec Trump? C'est la question que devront trancher les Français dans leur vote en 2027

La géopolitique s’invite au cœur de la campagne présidentielle française de 2027, bousculant les traditionnels clivages hexagonaux. Alors que la guerre en Ukrai

La géopolitique s’invite au cœur de la campagne présidentielle française de 2027, bousculant les traditionnels clivages hexagonaux. Alors que la guerre en Ukraine s’enlise et que Donald Trump a fait son retour sur la scène internationale, la capacité du futur locataire de l’Élysée à négocier avec Washington et à tenir tête à Moscou devient un critère de vote décisif. Ce mercredi, sept candidats déclarés ou pressentis se réunissent à La REF, l’université d’été du Medef, pour un premier grand débat où la question de la souveraineté et de la crédibilité diplomatique devrait dominer les échanges. ## Un basculement historique dans le scrutin Jamais, depuis les débuts de la Ve République, les enjeux internationaux n’avaient pesé aussi lourd dans une élection présidentielle française. C’est en tout cas l’analyse que livrait François Hollande en janvier dernier, lors d’un colloque organisé par Le Grand Continent. Selon l’ancien président, « pour la première fois depuis le début de la Ve République, les questions internationales vont être majeures dans le scrutin présidentiel », citant pêle-mêle la sécurité, la défense et les questions européennes. Un constat partagé par plusieurs observateurs, qui notent que les électeurs intègrent désormais l’impact direct des crises mondiales sur leur quotidien. La guerre en Ukraine a mécaniquement fait flamber les factures d’énergie, tandis que les menaces de blocage du détroit d’Ormuz font craindre une nouvelle hausse des prix à la pompe. La géopolitique n’est plus un sujet abstrait réservé aux diplomates : elle se traduit en euros dans le budget des ménages. ## Un monde plus dangereux et des ingérences en hausse Le contexte international s’est emballé ces derniers mois, et les services de renseignement français tirent la sonnette d’alarme. Hier, devant les chefs d’entreprise réunis à l’université d’été du Medef, la directrice générale de la sécurité intérieure a alerté sur la « multiplication fulgurante » des ingérences étrangères sur le sol français depuis 2023. Un phénomène qui touche l’ensemble du continent européen : le renseignement allemand a également signalé une hausse spectaculaire du nombre d’entreprises visées par des services étrangers. Cette déstabilisation rampante, couplée au retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et aux tensions croissantes avec la Russie, dessine un paysage géopolitique inédit. Le prochain président devra naviguer dans ce monde plus dangereux, où les alliances traditionnelles sont remises en question et où la France devra peut-être faire des choix plus radicaux que par le passé. ## Le national reste prioritaire, mais la crédibilité internationale s’impose Malgré ce contexte, les sondeurs rappellent que dans une présidentielle, le national reste prioritaire : pouvoir d’achat, modèle social, sécurité intérieure et dette publique demeurent les préoccupations premières des électeurs. Pour autant, un sondeur aguerri interrogé par BFM Business observe que les chocs géopolitiques sont de plus en plus intégrés dans les choix de vote. Les Français ont vu concrètement l’impact de la guerre en Ukraine sur leurs factures, et ils comprennent que les crises internationales ont des répercussions directes sur leur portefeuille. Dans ce contexte, la question de savoir qui peut « tenir tête à Poutine » et « négociger avec Trump » devient un critère de légitimité présidentielle. Les candidats devront démontrer leur capacité à protéger les intérêts français dans un monde où les rapports de force se durcissent, sans pour autant sacrifier les priorités domestiques qui restent déterminantes dans l’isoloir. ## Un débat Medef sous haute tension géopolitique Le rendez-vous de ce mercredi à La REF, l’université d’été du Medef, s’annonce donc comme un moment charnière de la campagne. Les sept candidats déclarés ou pressentis devront se positionner sur des sujets où ils étaient jusqu’ici peu attendus : la défense européenne, la relation transatlantique, la posture à adopter face à Moscou. Les chefs d’entreprise, directement exposés aux conséquences économiques des crises internationales, attendent des réponses concrètes sur la manière dont la France compte préserver sa compétitivité dans un environnement dégradé. Ce débat pourrait bien révéler des lignes de fracture inédites, au-delà des clivages traditionnels entre gauche et droite. La crédibilité internationale du prochain président sera scrutée de près, tant par les électeurs que par les partenaires étrangers de la France.