Quelques jours après le retrait du pays de la liste noire des Etats-Unis, Visa et Mastercard annoncent avoir traité les premiers paiements par carte en Syrie depuis plus de 10 ans

Quelques jours après le retrait de la Syrie de la liste américaine des États soutenant le terrorisme, les géants des paiements Visa et Mastercard ont annoncé av
Quelques jours après le retrait de la Syrie de la liste américaine des États soutenant le terrorisme, les géants des paiements Visa et Mastercard ont annoncé avoir traité les premières transactions internationales par carte dans le pays depuis plus d’une décennie. Cette avancée, rendue possible par l’assouplissement des sanctions, marque une étape décisive dans la réintégration économique de la Syrie sur la scène financière mondiale.
## Un retour progressif dans le système financier international
Lundi, les États-Unis ont officiellement retiré la Syrie de leur liste noire des États soutenant le terrorisme, une classification qui pesait sur le pays depuis 47 ans et qui imposait de lourdes restrictions économiques. Quelques jours seulement après cette décision, Visa et Mastercard ont confirmé avoir procédé aux premiers paiements internationaux par carte en Syrie. Dans un communiqué, Mastercard a précisé que le groupe, en collaboration avec la Qatar National Bank (QNB), avait « traité le premier paiement international par carte en Syrie depuis plus de 15 ans », saluant une avancée majeure pour la modernisation de l’écosystème des paiements syriens.
De son côté, Visa a déclaré mercredi avoir « testé la première transaction internationale en conditions réelles en Syrie », dans le cadre d’une collaboration avec la banque libanaise Fransabank et la société locale de paiement électronique Paymera. Cette dernière a d’ailleurs annoncé, jeudi, avoir réalisé le premier paiement électronique via Visa. Ces opérations, bien que symboliques, représentent un signal fort pour les acteurs économiques locaux et étrangers, qui y voient une ouverture progressive du marché syrien.
## Un contexte politique et économique en pleine mutation
Cette évolution intervient dans un contexte de profonde recomposition politique. Depuis la chute de Bachar el-Assad en décembre 2024, plusieurs pays occidentaux ont commencé à lever les sanctions imposées à la Syrie, pour la plupart instaurées après le déclenchement de la guerre civile en 2011. Ce conflit, qui a duré près de 14 ans, avait isolé le pays de l’économie mondiale, privant les Syriens d’accès aux services financiers internationaux. Le retrait de la liste américaine constitue une nouvelle étape dans ce processus de normalisation, que les autorités locales décrivent comme « un nouveau départ porteur de grands espoirs ».
Mercredi soir, le gouverneur de la Banque centrale de Syrie, Safwat Raslan, a publié sur les réseaux sociaux une vidéo le montrant aux côtés du président, illustrant l’importance accordée à cette réintégration financière. Pour les observateurs, cette dynamique pourrait ouvrir la voie à des investissements étrangers et à une reprise des échanges commerciaux, bien que des obstacles subsistent, notamment en matière de régulation et de confiance des investisseurs.
## Des perspectives encore incertaines
Si cette annonce constitue une avancée notable, elle ne signifie pas pour autant une réintégration complète de la Syrie dans le système financier mondial. Les sanctions américaines, bien qu’allégées, restent en partie en vigueur, et les institutions financières internationales demeurent prudentes face aux risques juridiques et réputationnels. Par ailleurs, la reconstruction économique du pays, dévasté par des années de guerre, nécessitera des investissements massifs et une stabilité politique durable.
Pour Visa et Mastercard, cette première transaction symbolise toutefois une ouverture potentielle d’un marché de plusieurs millions de consommateurs. Pour la Syrie, elle représente un pas timide mais concret vers une normalisation économique, dont les effets pourraient se faire sentir à moyen terme. Les prochains mois seront décisifs pour évaluer si cette dynamique se traduit par une reprise durable des flux financiers et commerciaux.