Quelle a été la croissance de la France au 2e trimestre? Après un recul en début d'année, l'Insee dévoile ses chiffres ce jeudi et mise sur un "regain temporaire"

Introduction L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) doit publier ce jeudi les chiffres du produit intérieur brut (PIB) français
Introduction
L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) doit publier ce jeudi les chiffres du produit intérieur brut (PIB) français pour le deuxième trimestre, après un recul de 0,1% enregistré sur les trois premiers mois de l’année. Alors que la Banque de France table sur une progression de 0,2%, l’Insee anticipe un « regain temporaire » de croissance à 0,3%, porté par un rebond attendu des exportations et de l’activité industrielle. Cette publication intervient dans un contexte géopolitique tendu, marqué par le conflit au Moyen-Orient, et alors que la France, deuxième économie de la zone euro, ouvre le bal des annonces trimestrielles européennes.
Un rebond attendu après un premier trimestre en berne
L’économie française avait surpris les analystes en début d’année avec une contraction de 0,1% du PIB, une contre-performance largement attribuée aux difficultés du secteur aéronautique. « C’était notamment les exports qui avaient contribué très négativement, avec des commandes aéronautiques qui avaient été livrées en retard », analyse Sylvain Bersinger, fondateur du cabinet Bersingéco, interrogé par BFM Business. Ce repli avait suscité des craintes pour la santé économique du pays, confronté à des incertitudes commerciales et géopolitiques. Pour le deuxième trimestre, l’Insee mise sur un « regain temporaire », avec une croissance de 0,3%, soit un niveau modeste mais qui marquerait une inversion de tendance. La Banque de France, de son côté, est légèrement moins optimiste, prévoyant une progression de 0,2%, portée par un rebond dans l’industrie et les services marchands. Les analystes sondés par Bloomberg partagent cette estimation médiane, anticipant en moyenne une hausse de 0,2% du PIB sur la période avril-juin.
Le rôle clé des exportations et de l’industrie
Le rebond attendu repose en grande partie sur la normalisation des flux commerciaux. Sur le premier trimestre, les exportations avaient pesé lourdement sur la croissance, en raison des retards de livraison dans le secteur aéronautique, un pilier de l’industrie française. « Sur le deuxième trimestre, la contribution des exportations devrait être positive », précise Sylvain Bersinger, qui estime que le trimestre sera « faiblement positif ». Ce redressement s’explique par un rattrapage des commandes et une reprise progressive de la production industrielle, bien que les tensions sur les chaînes d’approvisionnement et l’inflation persistante continuent de freiner l’élan. L’Insee, dans ses prévisions, souligne le caractère temporaire de ce regain, laissant entendre que les fondamentaux économiques restent fragiles. La France devra composer avec un environnement international incertain, où la guerre au Moyen-Orient et les fluctuations des prix de l’énergie pèsent sur la demande et les investissements.
Un indicateur pour la zone euro
La publication française servira de baromètre pour l’ensemble de la zone euro, dont les autres poids lourds – Espagne, Allemagne et Italie – doivent dévoiler leurs chiffres dans la matinée. Le PIB irlandais, déjà publié mercredi, a offert une note positive avec un rebond spectaculaire de 3,9% sur le trimestre, après une lourde chute en début d’année liée aux opérations comptables des multinationales installées dans le pays. Toutefois, ce chiffre, atypique, ne reflète pas la dynamique générale de la zone. Les économistes attendent donc avec attention les données françaises et allemandes pour évaluer la santé de la région. Si la France confirme une croissance de 0,2% à 0,3%, cela pourrait rassurer les marchés, mais sans lever les doutes sur la capacité de l’économie européenne à soutenir une reprise durable face aux risques géopolitiques et monétaires.
Conclusion
Les chiffres de l’Insee, attendus ce jeudi, devraient confirmer un rebond modeste de l’économie française au deuxième trimestre, après une entame d’année difficile. Ce « regain temporaire », porté par les exportations et l’industrie, ne dissipe toutefois pas les incertitudes liées au contexte international et à la vigueur de la demande intérieure. La France, première économie de la zone euro à publier ses données, offre un premier indicateur de la résilience de la région, alors que les regards se tournent désormais vers l’Allemagne et l’Italie.