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Que sont les grenades assourdissantes, dont Laurent Nuñez a de nouveau autorisé l’usage pour les manifestations du 17 octobre ?

Une · · Par Sophie DURAND

Que sont les grenades assourdissantes, dont Laurent Nuñez a de nouveau autorisé l’usage pour les manifestations du 17 octobre ?

## Grenades assourdissantes : un retour autorisé qui relance le débat Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a de nouveau autorisé l'usage des grenades assour

## Grenades assourdissantes : un retour autorisé qui relance le débat Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a de nouveau autorisé l'usage des grenades assourdissantes pour encadrer les manifestations prévues le 17 octobre, selon les informations du Figaro. Cette décision intervient après une suspension temporaire décidée le 7 octobre, dans le contexte du mouvement lycéen. L'annonce ravive les interrogations sur l'usage de ces armes dites de « force intermédiaire » et sur leur dangerosité. ## Une arme de désencerclement aux effets puissants Les grenades assourdissantes, désignées sous l'acronyme ASSD, appartiennent à la famille des grenades de désencerclement, au même titre que les modèles GENL et GM2L. Leur fonctionnement repose sur une détonation d'environ 160 décibels, une intensité sonore comparable à celle d'un réacteur d'avion au décollage. Cette puissance vise à provoquer un effet de sidération sur les individus présents à proximité, afin de disperser un attroupement sans recourir à des projectiles létaux. Selon Le Figaro, ces détonations peuvent toutefois entraîner des lésions graves, notamment auditives. Les risques documentés incluent des traumatismes sonores irréversibles, des acouphènes durables ou encore des atteintes à l'oreille interne. La grenade est classée comme arme de force intermédiaire, une catégorie située entre les moyens de contrainte non létaux et les armes à feu. ## Une suspension temporaire après un accident grave La décision de suspendre l'usage de ces grenades avait été prise le 7 octobre par Laurent Nuñez, en réaction à un incident survenu à Lens. Un manifestant âgé de 15 ans y avait eu la main arrachée, un événement qui avait suscité une vive émotion et relancé les critiques sur les pratiques de maintien de l'ordre. À l'époque, le ministre avait déclaré : « Je suspends leur usage pour le mouvement des lycéens tant que la lumière n'a pas été faite sur ce qui s'est passé dans cette affaire. » Cette mise en retrait devait permettre, selon ses propres termes, de clarifier les circonstances exactes de l'accident avant tout nouvel emploi. ## Un retour conditionné à la menace de violences Ce vendredi, Laurent Nuñez a justifié la réactivation de l'usage des ASSD par la perspective de troubles graves. Interrogé sur France 2, il a affirmé : « S'il devait y avoir des violences graves dans les grandes villes et en marge des manifestations, ces grenades seront utilisées. » La mesure s'applique aux rassemblements annoncés pour le samedi 17 octobre, notamment à l'appel de « gilets jaunes » et d'agriculteurs. Le cadre posé par le ministre subordonne donc l'emploi des grenades à l'apparition de violences caractérisées. Cette conditionnalité laisse toutefois ouverte la question de l'appréciation sur le terrain, au moment où les forces de l'ordre doivent décider d'un usage potentiellement traumatisant. ## Un débat de fond sur les armes intermédiaires Le retour des grenades assourdissantes illustre la tension persistante entre maintien de l'ordre et protection des manifestants. Si les autorités les présentent comme une alternative à des armes plus dangereuses, leurs effets sur l'audition et l'intégrité physique demeurent documentés. L'affaire de Lens n'a pas encore livré toutes ses conclusions, et la reprise de leur usage pourrait raviver les appels à un encadrement plus strict, voire à une interdiction pure et simple.