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Que les "années Obama" leur semblent loin... À Cuba, l'embargo pétrolier américain frappe l'économie de l'île, son tourisme et son agriculture (la salade roquette a été remplacée par le manioc)

Economie · · Par Emma ROUSSEAU

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# Cuba sous pression : l'embargo pétrolier américain ravive les souffrances économiques et agricoles de l'île Alors que les "années Obama" évoquent encore l'esp

# Cuba sous pression : l'embargo pétrolier américain ravive les souffrances économiques et agricoles de l'île Alors que les "années Obama" évoquent encore l'espoir d'un rapprochement, Cuba traverse aujourd'hui sa pire crise énergétique depuis la révolution. Le blocus américain, renforcé par un embargo pétrolier particulièrement sévère, plonge le pays dans une période sombre où chaque secteur de l'économie vacille. Selon BFM Business, qui a réalisé un reportage sur place, l'agriculture cubaine paie un lourd tribut, contrainte de revenir à des méthodes ancestrales faute de carburant accessible. ## Une crise énergétique sans précédent Depuis plusieurs mois, Cuba subit des pannes d'électricité d'une ampleur inédite. Le 14 juillet dernier, La Havane a connu une troisième panne générale en seulement dix jours, affectant une grande partie des 9,6 millions d'habitants du pays. Les coupures peuvent durer jusqu'à 70 heures d'affilée, plongeant foyers et entreprises dans l'obscurité. Le prix du litre de diesel, qui dépasse désormais les 3 dollars, représente environ la moitié du salaire mensuel moyen dans le secteur public. Cette flambée des prix, directement liée à l'embargo pétrolier américain, paralyse l'économie locale et contraint les Cubains à des adaptations radicales. ## Le retour des bœufs dans les champs Dans la ferme biologique "Finca Burgambilia", située à l'ouest de la capitale, Alexander Quesada, 52 ans, incarne cette résilience forcée. Ce fermier, qui avait reçu un tracteur pour avoir mis en place une exploitation "modèle", a dû abandonner sa machine pour revenir à la traction animale. Les bœufs tirent désormais la charrue, comme au siècle dernier. "Les tracteurs restent inutilisés dans les hangars", rapporte BFM Business, soulignant que le coût du diesel rend leur usage prohibitif. Cette situation n'est pas isolée : dans toute la province d'Artemisa, des agriculteurs circulent en charrette à bœufs, symbole d'un retour en arrière imposé par la pénurie. ## La roquette remplacée par le manioc L'impact de la crise se ressent aussi dans les assiettes. La dépendance de Cuba aux importations agricoles, notamment pour les produits frais, a conduit à une transformation des habitudes alimentaires. La salade roquette, prisée des restaurateurs et des touristes, a cédé la place au manioc, un légume-racine bon marché et plus facile à cultiver localement. Cette substitution illustre la contraction du secteur touristique, frappé de plein fouet par la crise énergétique, et la priorité donnée à une agriculture de subsistance. Dans un pays où l'économie repose historiquement sur le tourisme et l'agriculture, ce virage vers des cultures moins gourmandes en ressources témoigne d'une adaptation douloureuse. ## Un avenir incertain pour l'île Alors que les "années Obama" et l'espoir d'une levée progressive de l'embargo semblent lointains, Cuba doit composer avec une réalité économique de plus en plus rude. Le blocus américain, qui dure depuis plus de six décennies, s'est intensifié ces dernières années, aggravant une crise que le gouvernement cubain peine à endiguer. Les agriculteurs, les restaurateurs et les habitants ordinaires subissent les conséquences d'une pénurie qui touche tous les aspects de la vie quotidienne. Sans perspective immédiate de déblocage diplomatique, l'île semble condamnée à poursuivre ce difficile chemin de résilience, entre traditions retrouvées et modernité inaccessible.