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« Quand la rétine est détruite, c’est pour toujours » : les bons réflexes pour observer l’éclipse sans risque

Une · · Par Claire BERNARD

« Quand la rétine est détruite, c’est pour toujours » : les bons réflexes pour observer l’éclipse sans risque

Le 12 août prochain, une éclipse partielle du Soleil sera visible depuis une large partie du territoire français, un phénomène astronomique qui suscite l’engoue

Le 12 août prochain, une éclipse partielle du Soleil sera visible depuis une large partie du territoire français, un phénomène astronomique qui suscite l’engouement mais qui comporte des risques oculaires sérieux. Selon les informations rapportées par Le Figaro, l’observation de cet événement sans protection adaptée pourrait entraîner des lésions irréversibles de la rétine, les ophtalmologues alertant sur la nécessité de se munir de lunettes d’éclipse certifiées. Alors que la date approche, les spécialistes rappellent les bons réflexes à adopter pour profiter du spectacle sans compromettre sa vue. ## Un risque de cécité partielle aux conséquences définitives Les dommages causés par une exposition directe au Soleil lors d’une éclipse ne sont pas à prendre à la légère. D’après des sources médicales citées par Le Figaro, la rétine, tissu nerveux situé au fond de l’œil, ne se régénère pas après une brûlure photochimique. « Quand la rétine est détruite, c’est pour toujours », préviennent les ophtalmologues interrogés, soulignant que la perte de vision centrale pourrait être partielle ou totale selon la durée de l’exposition. En effet, contrairement à une brûlure cutanée qui cicatrise, les cellules rétiniennes endommagées ne se renouvellent pas, ce qui rend toute récupération fonctionnelle hautement improbable. Les symptômes, tels qu’une tache sombre persistante ou une vision floue, n’apparaissent parfois que plusieurs heures après l’observation, ce qui retarde la prise en charge médicale. Par ailleurs, le danger est d’autant plus insidieux que l’éclipse partielle ne provoque aucune douleur immédiate. La rétine ne possédant pas de récepteurs de douleur, l’individu ne ressent rien pendant que les dommages s’installent, un phénomène documenté par plusieurs études en ophtalmologie. Les autorités sanitaires recommandent donc une vigilance absolue, notamment pour les enfants, dont le cristallin laisse passer davantage de rayons ultraviolets vers la rétine. ## Des lunettes d’éclipse certifiées, seul rempart efficace Pour observer ce phénomène céleste en toute sécurité, les lunettes d’éclipse sont présentées comme le seul équipement fiable. Selon les recommandations relayées par Le Figaro, ces lunettes doivent porter la certification CE et la norme ISO 12312-2, garantissant un filtrage des rayons nocifs à 99,99 %. Les experts déconseillent formellement les substituts artisanaux, tels que les verres fumés, les négatifs photo ou les lunettes de soleil classiques, qui ne bloquent qu’une partie des rayonnements. Ces dispositifs, bien que semblant atténuer la luminosité, laisseraient passer les infrarouges et les ultraviolets, responsables des lésions rétiniennes les plus sévères. Toutefois, il est essentiel de vérifier l’état des verres avant utilisation. Une rayure, un trou ou un décollage du film pourrait compromettre l’intégrité de la protection, exposant l’œil à des flux lumineux concentrés. Les ophtalmologues conseillent également de limiter les sessions d’observation à quelques minutes consécutives, avec des pauses régulières, pour réduire la fatigue oculaire. Enfin, il est rappelé que les appareils photo, jumelles ou télescopes nécessitent des filtres solaires spécifiques, l’observation directe à travers ces instruments amplifiant les rayons sans protection adaptée. ## Une alternative indirecte : la projection sténopéique Pour ceux qui ne disposeraient pas de lunettes certifiées, une méthode indirecte pourrait offrir une solution sans risque. La projection par sténopé, qui consiste à faire passer la lumière du Soleil à travers un petit trou percé dans un carton pour projeter l’image sur une surface blanche, est recommandée par les astronomes amateurs. Cette technique, utilisée depuis des siècles, permet d’observer l’éclipse sans regarder directement le disque solaire, éliminant tout danger pour la rétine. Des tutoriels détaillés circulent sur les sites spécialisés, proposant des montages simples avec du matériel courant, comme une boîte en carton ou deux feuilles de papier. Cependant, cette méthode nécessite une certaine préparation en amont, et les experts soulignent qu’elle ne remplace pas l’expérience visuelle directe offerte par les lunettes. Pour les retardataires, certaines pharmacies et magasins d’optique pourraient proposer des stocks limités à l’approche de l’événement, mais la demande croissante pourrait entraîner des ruptures, d’après des informations non confirmées. Il est donc prudent de s’équiper dès maintenant, plutôt que de céder à la tentation d’une observation à l’œil nu le jour J. ## Une sensibilisation nécessaire face à un phénomène récurrent Cette éclipse partielle du 12 août s’inscrit dans une série d’événements astronomiques observables depuis l’Hexagone, le précédent datant d’octobre 2022. À chaque occasion, les services de santé constatent une hausse des consultations pour des troubles visuels liés à une exposition inappropriée, selon des données épidémiologiques rapportées par des sociétés savantes. Les campagnes de prévention, menées en amont par les ophtalmologistes et les associations d’astronomie, visent à réduire ces incidents, mais la persistance de comportements à risque suggère une méconnaissance des dangers réels. À l’approche de l’échéance, les messages de prudence se multiplient dans les médias et sur les réseaux sociaux, les professionnels de santé insistant sur le caractère définitif des lésions potentielles. Si l’émerveillement face à un tel spectacle est légitime, il ne saurait justifier une mise en danger de sa vue. La prévention reste en effet le seul levier efficace, la médecine ne disposant d’aucun traitement pour restaurer une rétine brûlée par les rayons solaires.