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«Quand l’incendie avançait, il n’y avait plus personne» : au Cap Ferret, Benoît Bartherotte défend son pare-feu créé sans autorisation

Une · · Par Claire BERNARD

«Quand l’incendie avançait, il n’y avait plus personne» : au Cap Ferret, Benoît Bartherotte défend son pare-feu créé sans autorisation

# «Quand l’incendie avançait, il n’y avait plus personne» : au Cap Ferret, Benoît Bartherotte défend son pare-feu créé sans autorisation Alors que le feu de Gir

# «Quand l’incendie avançait, il n’y avait plus personne» : au Cap Ferret, Benoît Bartherotte défend son pare-feu créé sans autorisation Alors que le feu de Gironde n'est pas encore totalement maîtrisé, une vive polémique agite déjà le Cap Ferret. Un particulier, Benoît Bartherotte, propriétaire de la pointe de la presqu'île, a décidé d'abattre des pins sur des terrains qui ne lui appartiennent pas pour créer un pare-feu, sans attendre les autorisations administratives nécessaires. ## Un geste d'urgence face à l'avancée des flammes Selon des informations rapportées par Le Figaro Magazine, Benoît Bartherotte a agi ce week-end dans un contexte d'urgence extrême. La nuit précédente, la première ligne de pompiers avait cédé face à l'incendie qui menaçait de s'engouffrer dans la forêt et de tout dévaster jusqu'à la mer. «Quand l'incendie avançait, il n'y avait plus personne», aurait expliqué le propriétaire pour justifier son initiative. Accompagné d'autres habitants ayant reçu l'autorisation des pompiers de rester malgré les ordres d'évacuation, il a entrepris de protéger les maisons du sud de la presqu'île en créant une coupure dans la végétation. Ce geste soulève une question centrale : un particulier peut-il s'arroger le droit de couper des arbres sur des terrains qui ne lui appartiennent pas pour créer un pare-feu et protéger des habitations face à un incendie que les services d'urgence peinent à maîtriser ? Pour Benoît Bartherotte, la réponse est claire : dans l'urgence, il n'avait pas le choix et ne pouvait pas attendre les procédures administratives. ## Un propriétaire habitué des conflits avec l'administration Benoît Bartherotte n'en est pas à son premier différend avec les autorités françaises. Depuis quarante ans, selon Le Figaro, il se bat avec l'administration sur d'autres sujets, notamment son droit de propriété sur la pointe du Cap Ferret. Cette longue confrontation avec les institutions pourrait expliquer en partie sa décision de passer outre les procédures habituelles face à la menace immédiate des flammes. Inquiet pour cette dune qu'il adore, le propriétaire a jugé que l'urgence de la situation primait sur les considérations administratives. La polémique, qui devrait être vive dans les prochains jours selon les observateurs, oppose ainsi deux logiques : celle de la gestion administrative des espaces naturels protégés et celle de la protection immédiate des vies et des biens face à une catastrophe naturelle. ## Les enjeux juridiques et environnementaux en débat La création de ce pare-feu sans autorisation soulève plusieurs questions juridiques complexes. D'une part, le Code forestier et le Code de l'environnement encadrent strictement les coupes d'arbres, notamment dans les zones classées ou protégées. D'autre part, le principe de légitime défense ou d'état de nécessité pourrait être invoqué pour justifier des actes accomplis face à un danger imminent et grave. Les autorités locales n'ont pas encore communiqué officiellement sur les suites qui pourraient être réservées à cet incident. Il semblerait que l'enquête préliminaire ouverte par le parquet de Bordeaux doive déterminer si les conditions de l'état de nécessité étaient réunies au moment où Benoît Bartherotte a pris sa décision. Par ailleurs, les associations environnementales pourraient se saisir de cette affaire, d'autant plus que la forêt de la presqu'île du Cap Ferret abrite une biodiversité spécifique et constitue un écosystème fragile. ## Une polémique qui interroge la gestion des risques Au-delà du cas particulier de Benoît Bartherotte, cet épisode met en lumière les difficultés de la gestion des risques d'incendie dans des zones à la fois très urbanisées et écologiquement sensibles. Le Cap Ferret, presqu'île touristique prisée, conjugue une forte pression immobilière et un environnement naturel d'exception soumis à des risques croissants liés au changement climatique. La question de l'efficacité des dispositifs administratifs face à l'urgence des crises climatiques se trouve ainsi posée. Alors que les feux de forêt deviennent plus fréquents et plus intenses, la capacité des pouvoirs publics à réagir rapidement pourrait être remise en question. L'initiative de Benoît Bartherotte, bien que contestable sur le plan juridique, pourrait alimenter le débat sur la nécessité d'adapter les procédures d'autorisation aux situations d'urgence extrême.