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Qu’est-ce que la "panicule" ou quand la canicule et les vagues de chaleur peuvent déclencher de véritables crises de panique

Une · · Par Claire BERNARD

Qu’est-ce que la

Les vagues de chaleur successives ne se contentent plus d’épuiser les organismes : elles pourraient désormais générer un phénomène psychologique émergent, bapti

Les vagues de chaleur successives ne se contentent plus d’épuiser les organismes : elles pourraient désormais générer un phénomène psychologique émergent, baptisé la « panicule ». Ce terme, forgé par la journaliste Lauren Bastide, décrit une détresse physique et psychique aiguë déclenchée par des épisodes de canicule extrême, selon des informations rapportées par Midi Libre. ## Une notion née de l’expérience sensible des fortes chaleurs La « panicule » s’inscrit dans la continuité des réflexions sur l’impact du dérèglement climatique sur la santé mentale. D’après les éléments relayés par Midi Libre, l’expression aurait été popularisée par Lauren Bastide pour nommer ce moment où le corps, saturé par la chaleur, envoie des signaux d’alerte si puissants qu’ils se transforment en véritable crise de panique. Le néologisme joue sur la contraction entre « panique » et « canicule », illustrant une synergie entre facteurs physiologiques et émotionnels. Ce symptôme ne relèverait pas d’une pathologie clinique répertoriée dans les classifications médicales officielles, mais plutôt d’une expérience subjective partagée par un nombre croissant de personnes lors des pics de température. La dimension sensorielle — sensation d’étouffement, palpitations, vertiges — se mêlerait à une angoisse plus diffuse liée à l’impression d’un environnement devenu hostile. ## Des mécanismes physiologiques qui pourraient expliquer la crise Sur le plan biologique, l’hyperthermie engendre une vasodilatation périphérique et une accélération du rythme cardiaque, mécanismes qui sollicitent intensément le système nerveux autonome. Selon des travaux antérieurs en physiologie environnementale, ces réactions pourraient être interprétées par le cerveau comme des signaux de danger imminent, activant ainsi les circuits de la peur. La « panicule » s’apparenterait alors à une réponse adaptative mal orientée, où l’organisme confond régulation thermique et menace vitale. Par ailleurs, les épisodes caniculaires s’accompagnent fréquemment de troubles du sommeil, de déshydratation et d’une réduction des activités sociales, facteurs connus pour exacerber l’anxiété. La combinaison de ces éléments pourrait expliquer pourquoi certaines personnes, sans antécédents psychiatriques, rapportent des épisodes de panique lors des vagues de chaleur les plus intenses. ## Un phénomène amplifié par le contexte climatique et médiatique La multiplication des alertes canicule, désormais systématiques dans les médias et les applications météorologiques, pourrait également jouer un rôle dans l’émergence de cette angoisse. La répétition des messages d’avertissement, conjuguée à des températures records, entretiendrait un climat d’appréhension permanente. Dans ce contexte, la « panicule » pourrait être interprétée comme une forme de stress pré-traumatique lié à l’anticipation de conditions de vie de plus en plus difficiles. Les autorités sanitaires, qui ont largement communiqué sur les risques physiques de la chaleur, commencent toutefois à intégrer la dimension psychologique dans leurs recommandations. Des conseils de gestion du stress, de ventilation des espaces et de limitation de l’exposition aux écrans d’information sont ainsi régulièrement diffusés lors des épisodes de forte chaleur. ## Des pistes pour prévenir et accompagner Face à ce phénomène émergent, plusieurs stratégies pourraient être envisagées. L’adaptation des logements, le développement d’îlots de fraîcheur urbains et la mise en place de lieux climatisés ouverts au public constituent des réponses structurelles. Sur le plan individuel, des techniques de respiration, la pratique de la cohérence cardiaque ou encore le maintien d’une hydratation régulière sont souvent évoquées pour atténuer les symptômes. La reconnaissance de la « panicule » comme réalité vécue, sans nécessairement la pathologiser, pourrait également permettre de mieux accompagner les personnes concernées. La journaliste Lauren Bastide, en donnant un nom à cette expérience, aurait contribué à la rendre dicible et partageable, ouvrant la voie à une meilleure compréhension collective des effets du climat sur la psyché. Alors que les projections climatiques annoncent une augmentation de la fréquence et de l’intensité des vagues de chaleur, la question de la santé mentale face à ces phénomènes ne pourra probablement plus être ignorée. La « panicule » pourrait ainsi devenir un marqueur de l’adaptation psychologique nécessaire à un monde en réchauffement, dont les contours restent encore largement à explorer.