Pyrénées-Orientales : après un incendie provoqué par deux adolescents, une maire instaure un couvre-feu pour les moins de 15 ans

Dans les Pyrénées-Orientales, la commune d’Amélie-les-Bains fait face à une décision municipale inédite depuis la fin du mois de juillet. À la suite d’un incend
Dans les Pyrénées-Orientales, la commune d’Amélie-les-Bains fait face à une décision municipale inédite depuis la fin du mois de juillet. À la suite d’un incendie déclenché par deux adolescents dans une infrastructure locale, la maire a choisi d’instaurer un couvre-feu pour les moins de 15 ans, une mesure qui court jusqu’à la rentrée scolaire.
## Une mesure d’urgence après un sinistre localisé
Selon des informations rapportées par *Le Figaro*, l’arrêté municipal a été pris au lendemain d’un incendie survenu dans la salle municipale polyvalente « Mille Club des Jeunes », un espace notamment dédié à la jeunesse de la commune. Les faits, qui se seraient produits le 28 juillet dernier, impliquent deux jeunes âgés de 10 et 13 ans. La maire d’Amélie-les-Bains, Marie Costa (Divers Droite), a indiqué que la structure « a totalement brûlé » et qu’elle « doit être refaite ». Elle a également tenu à remercier les pompiers pour leur intervention rapide, précisant que « sans eux, c’est toute la forêt qui aurait été ravagée par les flammes ».
Cet événement a servi de déclencheur à une décision ferme. Le couvre-feu, entré en vigueur le 29 juillet, interdit aux jeunes de moins de 15 ans de circuler seuls entre 23 heures et 6 heures du matin. La mesure est prévue pour s’appliquer jusqu’au 1er septembre, date de la rentrée scolaire, afin de couvrir la période estivale durant laquelle les incivilités sont jugées plus fréquentes.
## Une édile qui dénonce une « pyromanie d’ambiance »
Au-delà du seul aspect sécuritaire, Marie Costa a souhaité porter un regard plus large sur le comportement de certains jeunes de la commune. Dans ses déclarations rapportées par la presse, elle déplore une « pyromanie d’ambiance », une expression qui traduirait selon elle une forme de banalisation des actes de vandalisme et de destruction chez une partie de la jeunesse locale. Cette position s’inscrit dans un contexte où les élus de petites communes rurales se trouvent souvent démunis face à la récurrence de ce type d’incidents.
La maire semble également vouloir envoyer un signal fort aux familles et aux habitants, en assumant une décision qui pourrait être perçue comme restrictive. Toutefois, elle justifie cette approche par la nécessité de protéger à la fois les biens publics et les espaces naturels environnants, particulièrement vulnérables en période estivale. La région des Pyrénées-Orientales est en effet régulièrement exposée à un risque accru d’incendie, notamment en raison des conditions climatiques sèches et venteuses qui prévalent durant l’été.
## Un cadre légal et des précédents dans la région
L’instauration d’un couvre-feu pour mineurs par un arrêté municipal n’est pas une première en France. Plusieurs communes, notamment dans le sud du pays, ont déjà eu recours à ce type de dispositif, généralement sur des périodes limitées et pour des motifs liés à la sécurité ou à la tranquillité publique. Dans le cas présent, la mesure s’appuie sur les pouvoirs de police administrative du maire, qui peut être amené à prendre des dispositions restrictives lorsque des circonstances locales particulières le justifient.
Cependant, une telle décision soulève également des questions pratiques et juridiques. Il conviendra de vérifier comment la municipalité entend faire appliquer cet arrêté, notamment en ce qui concerne les contrôles et les éventuelles sanctions prévues en cas de non-respect. Par ailleurs, la question de l’accompagnement parental se pose, puisque le couvre-feu ne concerne que les déplacements effectués sans la présence d’un adulte responsable.
Pour l’heure, la municipalité d’Amélie-les-Bains semble vouloir privilégier une approche dissuasive, en espérant que la période estivale se déroule sans nouvel incident. La reconstruction du « Mille Club des Jeunes » constituera par ailleurs un enjeu majeur pour la vie locale, alors que la saison touristique bat son plein dans cette station thermale des Pyrénées-Orientales. La décision de la maire pourrait, dans les prochaines semaines, faire école dans d’autres communes confrontées à des problématiques similaires, ou au contraire susciter des débats sur l’équilibre entre protection de l’ordre public et liberté de circulation des mineurs.