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Prouesse technologique ou catastrophe annoncée ? Pour la première fois, l’IA a créé des virus bactériens n’existant pas dans la nature

Une · · Par Claire BERNARD

Prouesse technologique ou catastrophe annoncée ? Pour la première fois, l’IA a créé des virus bactériens n’existant pas dans la nature

# IA et création de virus bactériens inédits : une première scientifique qui divise les experts Pour la première fois, une intelligence artificielle a permis de

# IA et création de virus bactériens inédits : une première scientifique qui divise les experts Pour la première fois, une intelligence artificielle a permis de concevoir des génomes de virus bactériens n'existant pas dans la nature, selon une étude publiée par la revue *Science*. Cette avancée, réalisée par une équipe de chercheurs de l'université de Stanford et de l'Arc Institute, soulève des questions éthiques et sécuritaires majeures au sein de la communauté scientifique internationale. ## Une prouesse technique rendue possible par le modèle Evo 2 D'après les informations rapportées par *Le Figaro* le 7 août 2026, les scientifiques ont utilisé un « modèle de langage génomique » baptisé Evo 2 pour parvenir à ce résultat. Contrairement aux modèles de langage standards comme Claude ou ChatGPT, qui s'appuient sur des lettres, des phrases et des livres pour apprendre, les modèles génomiques se nourrissent de leurs équivalents biologiques : les nucléotides, les gènes et les génomes, c'est-à-dire l'ADN. Ces systèmes analysent la formation des génomes, classent les mutations compatibles avec la vie et repèrent les changements génétiques susceptibles d'empêcher un virus de fonctionner. Cette capacité inédite marque un tournant dans l'utilisation de l'intelligence artificielle appliquée aux sciences du vivant. Jusqu'ici, l'IA savait générer du texte, produire des images ou développer des applications logicielles. Désormais, elle parvient à concevoir des séquences génétiques complètes, ouvrant potentiellement la voie à des applications thérapeutiques ou industrielles encore inexplorées. ## Des inquiétudes croissantes au sein de la communauté scientifique Cependant, cette avancée suscite également de vives préoccupations parmi les chercheurs. Une partie du monde scientifique s'interroge en effet sur les implications sécuritaires d'une telle technologie. La possibilité de créer des virus bactériens artificiels, potentiellement pathogènes, pourrait en effet représenter un risque significatif en matière de biosécurité et de prolifération biologique. Les débats portent notamment sur la nécessité d'encadrer strictement ces recherches et de définir des protocoles de sécurité adaptés. La question de la dualité d'usage — civile et militaire — de ces technologies se trouve également au cœur des discussions, d'autant plus que les mécanismes de régulation internationale en la matière demeurent encore largement perfectibles. ## Un précédent qui interroge la frontière entre innovation et risque Cette première création de génomes viraux par intelligence artificielle intervient dans un contexte où les avancées technologiques dans le domaine du vivant s'accélèrent considérablement. Les chercheurs de Stanford et de l'Arc Institute soulignent pour leur part le potentiel de ces outils pour mieux comprendre les mécanismes biologiques fondamentaux et développer de nouvelles approches thérapeutiques, notamment dans la lutte contre les bactéries résistantes aux antibiotiques. Toutefois, les autorités scientifiques et politiques pourraient être amenées à se saisir rapidement de cette question pour établir un cadre réglementaire adapté. Les précédents historiques en matière de biotechnologies montrent que les découvertes majeures s'accompagnent généralement d'une période d'ajustement réglementaire, dont la durée dépend de la mobilisation des acteurs concernés et de la perception des risques par l'opinion publique. Alors que cette étude ouvre un nouveau chapitre dans l'histoire des biotechnologies, la communauté internationale devra arbitrer entre le potentiel scientifique considérable de ces outils et les risques sécuritaires associés, un équilibre qui s'annonce d'ores et déjà complexe à trouver.