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Projet de loi d’urgence agricole : pesticides, eau, loups… Qu’est ce qui pourrait changer pour les agriculteurs ?

Une · · Par Claire BERNARD

Projet de loi d’urgence agricole : pesticides, eau, loups… Qu’est ce qui pourrait changer pour les agriculteurs ?

# Projet de loi d’urgence agricole : pesticides, eau, loups… Qu’est-ce qui pourrait changer pour les agriculteurs ? Le projet de loi d’urgence agricole, examiné

# Projet de loi d’urgence agricole : pesticides, eau, loups… Qu’est-ce qui pourrait changer pour les agriculteurs ? Le projet de loi d’urgence agricole, examiné ce lundi 29 juin au Sénat, entend apporter une réponse concrète à la colère des agriculteurs qui avaient manifesté massivement l’hiver dernier. Ce texte, déjà modifié à l’Assemblée nationale, pourrait introduire plusieurs évolutions significatives concernant l’utilisation des pesticides, la gestion de l’eau et la régulation des loups. Selon des informations rapportées par *Midi Libre*, ces mesures visent à répondre à des revendications structurelles du monde agricole, tout en s’inscrivant dans un cadre réglementaire national et européen contraint. ## Pesticides : un assouplissement attendu mais encadré L’un des axes majeurs du projet de loi concerne l’assouplissement des règles d’utilisation des pesticides. D’après des sources parlementaires, le texte prévoirait de faciliter l’accès à certaines substances actives, notamment en cas d’absence d’alternatives efficaces. Cette disposition répondrait aux demandes des syndicats agricoles, qui dénoncent une perte de compétitivité face à des concurrents étrangers moins contraints. Cependant, des organisations environnementales, interrogées par *Midi Libre*, alertent sur les risques sanitaires et écologiques d’un tel assouplissement. Le texte inclurait également un renforcement des contrôles sur les produits phytosanitaires, avec des sanctions accrues en cas de non-respect des distances de sécurité près des habitations. Ces mesures pourraient entrer en vigueur dès 2024, sous réserve d’un avis favorable du Conseil d’État. ## Gestion de l’eau : des retenues controversées Le volet hydraulique du projet de loi suscite également des débats. Selon des informations gouvernementales, le texte encouragerait la création de retenues d’eau destinées à l’irrigation, notamment via des bassines de substitution. Ces infrastructures, déjà expérimentées dans certaines régions comme les Deux-Sèvres, permettraient de stocker l’eau en hiver pour faire face aux sécheresses estivales. Toutefois, des associations de défense de l’environnement, citées par *Midi Libre*, estiment que ces projets pourraient aggraver les tensions sur les ressources en eau. Le projet de loi prévoirait également une simplification des procédures administratives pour les projets de stockage, tout en imposant des études d’impact environnemental renforcées. Ces dispositions s’inscriraient dans le cadre du plan « eau » annoncé par le gouvernement en mars dernier, qui vise à réduire de 10 % les prélèvements d’eau d’ici 2030. ## Régulation des loups : un équilibre à trouver La question de la régulation des loups constitue un autre point sensible du texte. D’après des sources du ministère de l’Agriculture, le projet de loi faciliterait les tirs de défense pour les éleveurs confrontés à des attaques, en assouplissant les quotas actuels. Cette mesure répondrait à la recrudescence des prédations, notamment dans les massifs alpins et pyrénéens, où le nombre de loups est estimé à environ 1 100 individus selon l’Office français de la biodiversité. Cependant, des associations de protection de la nature, interrogées par *Midi Libre*, dénoncent un recul des mesures de protection, alors que l’espèce reste classée comme strictement protégée au niveau européen. Le texte prévoirait également un renforcement des aides financières pour les dispositifs de protection des troupeaux, comme les clôtures électrifiées ou les chiens de garde. ## Des implications économiques et politiques Au-delà des mesures techniques, ce projet de loi d’urgence agricole pourrait avoir des répercussions économiques significatives. Selon des estimations de la FNSEA, principal syndicat agricole, ces dispositions permettraient de réduire les coûts de production de 5 à 10 % pour certaines filières, notamment céréalières et viticoles. Toutefois, des économistes interrogés par *Midi Libre* soulignent que ces gains pourraient être compensés par des contentieux juridiques, notamment au niveau européen. Le texte devra en effet être conforme au droit de l’Union européenne, qui encadre strictement l’utilisation des pesticides et la protection des espèces menacées. ## Une adoption sous tension L’examen du projet de loi au Sénat, ce lundi 29 juin, intervient dans un contexte de tensions persistantes entre le gouvernement et les agriculteurs. Si les syndicats majoritaires saluent les avancées proposées, des collectifs plus radicaux, comme la Coordination rurale, estiment que ces mesures restent insuffisantes. Par ailleurs, des élus écologistes ont déjà annoncé leur intention de déposer des amendements pour durcir les dispositions environnementales. L’adoption définitive du texte, attendue pour la fin de l’été, pourrait donc encore évoluer en fonction des rapports de force politiques et des arbitrages gouvernementaux.