Onyx Infos

Procès de Robert Ménard : refus de marier un Algérien sous OQTF, expulsion, attaque en diffamation… les dates clés pour comprendre l’affaire

Une · · Par Claire BERNARD

Procès de Robert Ménard : refus de marier un Algérien sous OQTF, expulsion, attaque en diffamation… les dates clés pour comprendre l’affaire

Le feuilleton judiciaire autour du maire de Béziers, Robert Ménard, connaît un nouveau rebondissement. Selon des informations rapportées par Midi Libre, l'édile

Le feuilleton judiciaire autour du maire de Béziers, Robert Ménard, connaît un nouveau rebondissement. Selon des informations rapportées par Midi Libre, l'édile comparaîtra le 30 septembre devant le tribunal correctionnel de Montpellier pour avoir refusé, en juillet 2023, de célébrer le mariage d'un ressortissant algérien visé par une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Une affaire aux multiples ramifications qui mêle droit des étrangers, compétence de l'officier d'état civil et procédures en diffamation. ## Les faits à l'origine de la procédure En juillet 2023, Robert Ménard, maire de Béziers depuis 2014, refuse de procéder au mariage d'un homme de nationalité algérienne faisant l'objet d'une OQTF. Le refus, motivé selon l'édile par la situation administrative irrégulière du futur époux, déclenche une procédure judiciaire. Le parquet de Montpellier saisit alors le tribunal correctionnel, estimant que le maire aurait outrepassé ses prérogatives en s'opposant à une union pourtant autorisée par la loi. D'après des sources judiciaires citées par Midi Libre, l'audience est fixée au 30 septembre, une date qui marque une étape décisive dans ce dossier sensible. ## Un cadre juridique strict pour les officiers d'état civil En effet, le Code civil encadre précisément les motifs pour lesquels un maire peut refuser de célébrer un mariage. Seuls des éléments comme l'absence de consentement libre, la bigamie ou un empêchement légal à mariage peuvent justifier une opposition. La situation administrative d'un futur époux, notamment une OQTF, ne figure pas parmi ces motifs. Toutefois, l'édile de Béziers a publiquement assumé sa position, arguant d'une volonté de ne pas cautionner, selon ses termes, une situation irrégulière. Cette position pourrait l'exposer à une condamnation pour discrimination ou pour atteinte à la liberté du mariage, des qualifications pénales régulièrement invoquées dans ce type de contentieux. ## L'expulsion et l'attaque en diffamation Par ailleurs, l'affaire ne se limite pas au seul refus de mariage. Le dossier comprend également un volet lié à l'expulsion de l'intéressé, intervenue dans la foulée. Selon Midi Libre, cette mesure administrative a nourri de vives tensions entre la municipalité et les autorités préfectorales, chacune renvoyant la responsabilité de la décision à l'autre. En parallèle, Robert Ménard a engagé une action en diffamation contre des opposants politiques locaux qui l'auraient accusé de racisme. Cette procédure distincte, dont la date d'audience n'a pas été précisée, ajoute une couche supplémentaire à un dossier déjà complexe. ## Un contexte politique et juridique tendu Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de tensions autour de l'application du droit des étrangers en France. D'après des données du ministère de l'Intérieur, les OQTF ont représenté plus de 100 000 décisions en 2022, un chiffre en hausse constante depuis plusieurs années. Les refus de mariage pour ce motif restent toutefois rares, car ils contreviennent à la jurisprudence constante des tribunaux. Le cas de Robert Ménard pourrait ainsi faire office de précédent, notamment pour les maires souhaitant contester l'autorité préfectorale en matière d'état civil. L'audience du 30 septembre devant le tribunal correctionnel de Montpellier sera donc scrutée de près, tant par les juristes que par les observateurs politiques. La décision qui en découlera pourrait clarifier les limites du pouvoir discrétionnaire des maires en matière de mariage, un enjeu qui dépasse largement le cadre biterrois.