Prix des carburants: "On a une urgence pour nous, c'est la survie de nos entreprises", alerte Jean-Marc Rivera (ORTE)

Les prix des carburants continuent de peser lourdement sur les entreprises françaises, en particulier dans le secteur du transport routier. Invité sur BFM Busin
Les prix des carburants continuent de peser lourdement sur les entreprises françaises, en particulier dans le secteur du transport routier. Invité sur BFM Business, Jean-Marc Rivera, représentant de l'Organisation des Transporteurs Routiers Européens (ORTE), a lancé un cri d'alarme en évoquant une situation critique pour son secteur. Selon lui, la flambée des prix du gazole met directement en danger la viabilité de nombreuses entreprises de transport.
## Une situation critique pour les transporteurs
Jean-Marc Rivera n'a pas mâché ses mots sur le plateau de BFM Business. « On a une urgence pour nous, c'est la survie de nos entreprises », a-t-il alerté, soulignant que la hausse continue des prix du carburant met en péril l'ensemble du secteur du transport routier. Cette déclaration intervient alors que les prix du carburant atteignent des sommets dans certaines stations-service, avec le gazole affiché à 2,60 euros le litre selon les informations rapportées par la chaîne économique. Pour les transporteurs, dont le carburant représente une part considérable des coûts d'exploitation, cette situation devient intenable. Les marges, déjà faibles dans un secteur très concurrentiel, se réduisent comme peau de chagrin, menaçant directement la pérennité des structures les plus fragiles.
## Des dispositifs d'aide encore insuffisamment utilisés
Face à cette flambée, le gouvernement a mis en place plusieurs dispositifs d'aide, dont la prime « gros rouleurs ». Cependant, selon les informations diffusées par BFM Business, la moitié des Français éligibles à cette aide ne la réclament pas. Un constat préoccupant qui témoigne d'un décalage entre les mesures de soutien existantes et leur appropriation effective par les bénéficiaires potentiels. Cette sous-utilisation interroge sur l'efficacité des mécanismes d'aide actuels et sur la nécessité de simplifier les démarches pour permettre aux professionnels comme aux particuliers de bénéficier réellement des soutiens prévus.
## Débats sur les solutions structurelles
La question de la fiscalité sur les carburants revient régulièrement dans le débat public. Fabien Bouglé, expert en politique énergétique cité par BFM Business, estime que pour baisser les prix, « il faudrait procéder à une politique de détaxation ». Une position qui alimente les discussions sur les leviers dont dispose l'État pour agir sur les prix à la pompe. Parallèlement, des alternatives émergent, comme le montre le reportage de la chaîne sur des automobilistes se tournant vers l'huile de colza pour remplacer le diesel, révélant une recherche de solutions économiques face à la cherté du carburant traditionnel.
## Un climat social sous tension
Cette situation intervient dans un contexte social tendu. Nour Durand-Raucher, conseiller de Paris Les Écologistes, a estimé sur BFM Business qu'« il y a un moment où il va y avoir un mouvement de rupture » concernant les prix des carburants et la question des gilets jaunes. Un rassemblement contre la vie chère est par ailleurs prévu ce samedi à Marseille, signe que le pouvoir d'achat reste une préoccupation majeure pour les Français. La convergence entre la hausse des prix énergétiques, les difficultés des entreprises et la mobilisation sociale crée un climat particulièrement tendu, rappelant les épisodes de contestation qui avaient secoué le pays par le passé.
La survie des entreprises de transport, alertée par Jean-Marc Rivera, dépendra des mesures qui seront prises dans les prochaines semaines. Entre aides d'urgence, réformes structurelles et alternatives énergétiques, les options ne manquent pas, mais leur mise en œuvre effective reste incertaine. Une chose est sûre : pour les professionnels du secteur, l'urgence est bien réelle et le temps presse.