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Prix des carburants : avec l’accord entre l’Iran et les États-Unis, quand peut-on espérer voir les prix des carburants baisser ?

Une · · Par Claire BERNARD

Prix des carburants : avec l’accord entre l’Iran et les États-Unis, quand peut-on espérer voir les prix des carburants baisser ?

Prix des carburants : l’accord Iran-États-Unis ravive l’espoir d’une baisse, mais le calendrier reste incertain Près de trois mois et demi après le début du con

Prix des carburants : l’accord Iran-États-Unis ravive l’espoir d’une baisse, mais le calendrier reste incertain

Près de trois mois et demi après le début du conflit entre l’Iran et les États-Unis, dont les répercussions ont provoqué une flambée historique des prix des carburants sur les marchés mondiaux, l’annonce d’un accord diplomatique en ce début de semaine suscite un espoir mesuré parmi les automobilistes et les professionnels du transport. Si la perspective d’une détente géopolitique pourrait, à terme, alléger la pression sur le prix du baril, plusieurs facteurs structurels et conjoncturels pourraient toutefois retarder les effets concrets sur le prix à la pompe.

Un conflit aux conséquences énergétiques directes

Depuis le début des hostilités, les prix des carburants ont atteint des niveaux inédits, dépassant régulièrement les seuils psychologiques des deux euros le litre pour le gazole et l’essence sans plomb 95. Selon des informations rapportées par Midi Libre, la guerre en Iran a perturbé les routes maritimes stratégiques du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial. Les sanctions économiques et les frappes sur les infrastructures pétrolières iraniennes ont également réduit l’offre disponible sur le marché, accentuant une volatilité déjà nourrie par les tensions entre l’Opep et les pays consommateurs. En France, la hausse des prix a alimenté un mécontentement social palpable, notamment dans les zones rurales et périurbaines où la dépendance à la voiture est forte.

L’accord diplomatique : un premier signal pour les marchés

L’accord annoncé conjointement par Washington et Téhéran prévoirait, selon des sources gouvernementales citées par Midi Libre, un cessez-le-feu immédiat et une reprise progressive des exportations pétrolières iraniennes sous supervision internationale. Ce compromis, négocié sous l’égide d’une médiation qatarie, pourrait permettre à l’Iran de réintégrer partiellement le marché mondial du brut, augmentant ainsi l’offre disponible. Les marchés pétroliers ont immédiatement réagi : le baril de Brent a cédé près de 4 % en deux séances, passant sous la barre des 75 dollars. Cependant, les analystes interrogés par plusieurs médias économiques, dont Reuters, rappellent que cette baisse ne se traduit pas mécaniquement par une diminution équivalente à la pompe, en raison des délais de transport, des marges des raffineurs et des taxes locales.

Un impact différé sur le prix à la pompe en France

En France, le prix des carburants est soumis à une fiscalité lourde, représentant environ 60 % du prix total du litre, via la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) et la TVA. Même si le prix du baril venait à baisser significativement, l’effet sur le prix final serait donc atténué par cette composante fiscale. Par ailleurs, la reprise des exportations iraniennes ne devrait pas être immédiate : les infrastructures de production et de transport ont été endommagées par les frappes, et leur remise en état pourrait prendre plusieurs mois. Selon des experts de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), un retour à un niveau d’exportation significatif ne serait pas envisageable avant le second semestre 2025. En conséquence, les consommateurs français pourraient ne constater une baisse sensible qu’à partir de la fin de l’année 2025, à condition que l’accord tienne et que d’autres facteurs, comme la demande chinoise ou les décisions de l’Opep, ne viennent pas contrecarrer cette tendance.

Des incertitudes qui persistent malgré l’espoir

Toutefois, la prudence reste de mise. L’accord actuel n’est qu’un premier pas, et des tensions persistent sur des questions connexes, notamment le programme nucléaire iranien et le retrait des troupes américaines de la région. Un échec des négociations de suivi pourrait relancer la volatilité. Par ailleurs, la guerre en Ukraine continue d’influencer les marchés gaziers et pétroliers européens, ajoutant une couche d’incertitude. En France, le gouvernement n’a pas annoncé de nouvelle mesure de soutien aux ménages, se contentant de renvoyer à une « baisse naturelle » des prix si l’accord se concrétise. En attendant, les automobilistes devraient encore composer avec des prix élevés, même si l’horizon semble s’éclaircir lentement.