Prix du carburant: les préfets seront mobilisés pour que 350 stations "prioritaires" reçoivent les stocks de gazole libérés par l'Etat

## Prix du carburant : les préfets en première ligne pour acheminer le gazole vers 350 stations "prioritaires" Le gouvernement a entamé ce matin la déclinaison
## Prix du carburant : les préfets en première ligne pour acheminer le gazole vers 350 stations "prioritaires"
Le gouvernement a entamé ce matin la déclinaison concrète de son plan de libération de stocks de gazole, annoncé mercredi, avec une première réunion entre l'exécutif et les distributeurs de carburants. Selon Serge Papin, ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l'Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d'achat, interrogé sur France 2, l'objectif affiché est clair : garantir que la baisse des prix à la pompe atteigne les territoires ruraux les plus isolés, et qu'elle y soit même "la plus forte".
## 350 stations sous surveillance préfectorale
Parmi les mesures annoncées, le ministre a promis que "350 stations feront l'objet d'une attention particulière". Ces points de vente, qualifiés de "stations prioritaires", seront placés sous la vigilance directe des préfets, chargés de vérifier que le gazole libéré par l'État y parvienne effectivement. Cette mobilisation des représentants de l'État dans les départements vise à éviter que les volumes libérés ne se concentrent dans les zones urbaines ou les grands axes, au détriment des territoires enclavés. Le dispositif reste toutefois à préciser : les critères de sélection de ces 350 stations n'ont pas été détaillés à ce stade, pas plus que les modalités de contrôle qui seront confiées aux préfets.
## Le gazole, carburant du monde rural
Si le gazole est le seul carburant concerné par cette libération de stocks, ce n'est pas un hasard. Serge Papin a rappelé deux raisons principales : il s'agit désormais du carburant le plus cher à la pompe, et il équipe un véhicule sur deux en circulation. Surtout, le diesel demeure particulièrement répandu dans le monde rural, où les distances domicile-travail sont plus longues et les alternatives de mobilité plus rares. C'est précisément là où le gazole est aujourd'hui le plus cher que les baisses pourront être les plus élevées, a précisé le ministre, avec un ordre de grandeur annoncé entre 12 et 18 centimes par litre.
## Calendrier et logistique : un démarrage au plus tard début novembre
Le calendrier de l'opération figurait également à l'ordre du jour de la réunion de ce matin. Selon le ministre, les lieux de stockage du gazole concernés sont au nombre de 80 sur l'ensemble du territoire. L'exécutif promet un commencement effectif de l'opération "au plus tard début novembre". Cette échéance laisse entrevoir un décalage de plusieurs semaines entre l'annonce politique et l'effet concret sur les prix affichés aux pompes, un délai logistique que d'autres membres du gouvernement ont également évoqué. Roland Lescure, cité dans les sujets liés, estime ainsi qu'il faudra attendre plusieurs semaines avant l'arrivée des 10 millions de barils libérés, dont l'effet attendu sur les prix reste estimé entre 12 et 18 centimes par litre.
## Un enjeu de crédibilité pour l'exécutif
Au-delà de la question logistique, l'opération pose un enjeu de crédibilité pour le gouvernement, qui doit démontrer que la libération des stocks profite réellement aux automobilistes les plus exposés à la hausse des prix. La mobilisation des préfets constitue un signal politique fort en direction des territoires ruraux, mais son efficacité dépendra de la transparence du suivi et de la capacité des distributeurs à acheminer rapidement les volumes concernés. Les prochaines réunions entre l'État et la filière devraient permettre d'affiner les modalités, alors que les automobilistes attendent des effets tangibles sur les prix à la pompe d'ici à début novembre.