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Prix du carburant: "On est à la merci du moindre coup de gueule dans le détroit d'Ormuz", affirme Michel-Édouard Leclerc

Economie · · Par Julie MOREAU

Prix du carburant:

Prix du carburant : "On est à la merci du moindre coup de gueule dans le détroit d'Ormuz", prévient Michel-Édouard Leclerc La flambée des prix à la pompe, qui a

Prix du carburant : "On est à la merci du moindre coup de gueule dans le détroit d'Ormuz", prévient Michel-Édouard Leclerc

La flambée des prix à la pompe, qui a marqué les années 2022 et 2023, pourrait n’être qu’un avant-goût des tensions à venir. Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, a livré une analyse sans concession sur la fragilité structurelle du marché pétrolier français. Selon lui, la dépendance nationale aux importations de brut, et plus particulièrement au passage stratégique du détroit d'Ormuz, expose le consommateur à des chocs imprévisibles, dictés par la géopolitique. "On est à la merci du moindre coup de gueule dans le détroit d'Ormuz", a-t-il affirmé sur BFM Business, résumant en une phrase la précarité de notre approvisionnement énergétique.

Une vulnérabilité géopolitique persistante

Le détroit d'Ormuz, situé entre l'Iran et la péninsule arabique, constitue un goulet d'étranglement par lequel transite près de 20 % de la consommation mondiale de pétrole. Les tensions récurrentes dans la région, qu'elles impliquent l'Iran, les États-Unis ou les monarchies du Golfe, ont un effet mécanique sur les cours du baril. Le constat de Michel-Édouard Leclerc souligne une réalité que les gouvernements successifs peinent à masquer : la France, dépourvue de ressources pétrolières suffisantes, reste tributaire d’un marché mondialisé et instable. "Le moindre coup de gueule" diplomatique ou militaire dans cette zone se traduit immédiatement par une hausse des prix à la pompe, sans que les distributeurs ou les pouvoirs publics puissent y opposer une parade efficace à court terme.

L’impact direct sur le pouvoir d’achat

Cette dépendance a des conséquences concrètes sur le portefeuille des ménages. Alors que le prix du gazole et du sans-plomb 95 a connu des variations de plus de 30 % en deux ans, la déclaration du patron de Leclerc rappelle que la volatilité n’est pas un accident conjoncturel mais un risque permanent. Les distributeurs, comme E.Leclerc, qui tentent de jouer un rôle de modérateur via des marges réduites, ne peuvent pas contrer des chocs d’origine externe. "Les distributeurs ne sont pas des régulateurs de marché", a-t-il précisé implicitement, insistant sur le fait que la seule réponse durable résiderait dans une politique de diversification énergétique et de réduction de la dépendance aux hydrocarbures importés.

Un contexte économique déjà tendu

Cette mise en garde intervient dans un climat économique marqué par une hausse des défaillances d’entreprises. Selon les chiffres du bilan national au premier semestre 2026, on dénombre 342 047 créations, 34 322 défaillances et 305 225 radiations. La flambée des coûts de l’énergie, si elle devait se reproduire, aggraverait la situation des TPE et PME, déjà fragilisées par l’inflation et la remontée des taux d’intérêt. Michel-Édouard Leclerc, en pointant du doigt la géopolitique du Moyen-Orient, alerte ainsi sur un risque systémique : sans une politique de stocks stratégiques renforcés ou de transition accélérée, chaque crise régionale pourrait se transformer en choc économique national.

Conclusion : l’urgence d’une souveraineté énergétique

Les propos du dirigeant de la grande distribution mettent en lumière une équation insoluble à court terme : la France ne peut ni contrôler les prix du brut ni sécuriser unilatéralement le détroit d’Ormuz. La seule voie de sortie, selon cette analyse, réside dans une accélération des investissements dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. En attendant, les automobilistes et les entreprises restent exposés à la volatilité d’un marché où, comme le résume Michel-Édouard Leclerc, un simple incident diplomatique peut suffire à faire flamber le prix du plein.