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«Privilégiés, mais pas aveugles» : un blocage à HEC pour soutenir le mouvement lycéen

Une · · Par Claire BERNARD

«Privilégiés, mais pas aveugles» : un blocage à HEC pour soutenir le mouvement lycéen

Un blocage à HEC pour soutenir le mouvement lycéen : quand l'élite dit « privilégiés, mais pas aveugles » Ce jeudi 15 octobre, une vingtaine d'étudiants de HEC

Un blocage à HEC pour soutenir le mouvement lycéen : quand l'élite dit « privilégiés, mais pas aveugles »

Ce jeudi 15 octobre, une vingtaine d'étudiants de HEC Paris a bloqué l'accès de la plus prestigieuse école de commerce française, selon les informations rapportées par Le Figaro. Le mouvement, présenté comme un soutien au mouvement lycéen en cours, marque une nouvelle étape dans la mobilisation des grandes écoles, un phénomène qui gagne en visibilité depuis plusieurs années.

Des blocages symboliques dans les grandes écoles

D'après Le Figaro, le blocage a mobilisé une vingtaine d'étudiants sur le campus de Jouy-en-Josas, dans les Yvelines. Le chiffre, modeste au regard des effectifs de l'établissement, n'en demeure pas moins significatif : HEC figure régulièrement en tête des classements internationaux des écoles de commerce, et ses étudiants sont souvent associés, dans le débat public, aux catégories les plus favorisées. Le slogan rapporté — « Privilégiés, mais pas aveugles » — semble précisément répondre à cette étiquette, en revendiquant une forme de solidarité avec des lycéens dont les conditions d'étude et les perspectives diffèrent radicalement.

Cette action s'inscrit dans un contexte plus large de mobilisation de la jeunesse scolarisée. Depuis plusieurs semaines, des lycées ont été le théâtre de rassemblements et de blocages, portant des revendications variées. Toutefois, l'ampleur exacte du mouvement lycéen à l'échelle nationale n'est pas précisée dans les éléments disponibles, et aucune donnée chiffrée globale n'a été confirmée à ce stade.

Une mobilisation qui interroge la place des grandes écoles

Le choix de HEC comme cible n'est pas anodin. En effet, les établissements les plus sélectifs concentrent une part importante des critiques adressées au système d'enseignement supérieur français, notamment sur les questions d'accès, de coût et de reproduction sociale. Selon plusieurs travaux sociologiques consacrés aux grandes écoles, la proportion d'étudiants issus de milieux populaires y reste limitée, bien que des dispositifs d'ouverture aient été progressivement mis en place. Le blocage du 15 octobre pourrait ainsi s'inscrire dans une dynamique de contestation portée de l'intérieur, par des étudiants eux-mêmes conscients de leur position.

Par ailleurs, la méthode employée — un blocage — relève d'un répertoire d'action éprouvé dans les mobilisations étudiantes françaises. Des précédents existent, notamment dans les universités, où des occupations et des blocages ont régulièrement accompagné des mouvements sociaux. La nouveauté résiderait ici dans la localisation : une école de commerce privée, historiquement moins concernée par ce type d'action que les universités publiques.

Quelles suites pour le mouvement ?

À ce stade, aucune information ne permet d'établir si le blocage de HEC se prolongera ou s'étendra à d'autres établissements. Le nombre d'étudiants impliqués — une vingtaine — suggère une action circonscrite, dont l'impact dépendra largement de la couverture médiatique et de la réaction de la direction de l'école. Celle-ci n'a pas, selon les éléments disponibles, communiqué de position officielle.

Le mouvement lycéen, auquel ce blocage entend apporter un soutien, demeure quant à lui difficile à quantifier. Les semaines à venir permettront de déterminer si cette mobilisation isolée dans une grande école constitue un épiphénomène ou le signal d'une politisation accrue des étudiants des filières les plus sélectives. Une question qui, au-delà du cas de HEC, interroge la capacité des élites scolaires à se saisir des débats sociaux contemporains.