Prise de contrôle d'entreprises françaises par la Russie : Paris appelle Moscou à «revenir» sur sa décision

La France a appelé, vendredi 18 septembre, les autorités russes à revenir sur leur décision de placer sous administration provisoire plusieurs filiales d'entrep
La France a appelé, vendredi 18 septembre, les autorités russes à revenir sur leur décision de placer sous administration provisoire plusieurs filiales d'entreprises françaises implantées en Russie. Selon un communiqué conjoint des ministères des Affaires étrangères et de l'Économie, rapporté par Le Figaro, Paris dénonce une mesure « sans justification » visant des sociétés françaises et européennes, et affirme rester en contact étroit avec les entreprises concernées.
## Un décret signé par Vladimir Poutine
Le déclencheur de cette crise diplomatique remonte au jeudi 17 septembre. Selon les informations rapportées par Le Figaro et l'AFP, Vladimir Poutine a signé un décret plaçant sous le contrôle d'une même société les actifs russes de plusieurs enseignes, parmi lesquelles Auchan, Nestlé et Leroy Merlin. Cette décision s'inscrit dans le cadre des mesures adoptées par Moscou à l'encontre des pays qualifiés d'« inamicaux » depuis le début de l'invasion de l'Ukraine. Le mécanisme retenu consiste à confier la gestion de ces filiales à une administration provisoire, sans que les propriétaires légitimes aient été consultés, ce que dénonce l'exécutif français.
## Une réponse diplomatique graduée
La réaction de Paris s'est voulue ferme sur le fond, mais mesurée dans la forme. Le communiqué conjoint des deux ministères ne mentionne à ce stade aucune mesure de rétorsion, privilégiant la voie du dialogue et de la pression diplomatique. « La France est en contact étroit avec les entreprises concernées », précise le texte, ce qui suggère un accompagnement juridique et opérationnel des groupes touchés. Cette posture pourrait toutefois évoluer si Moscou maintenait sa position, d'autant plus que d'autres entreprises européennes seraient concernées par le même dispositif.
## Un précédent aux implications durables
Cette affaire n'est pas isolée. Depuis 2022, plusieurs États occidentaux ont vu leurs actifs russes gelés, saisis ou placés sous tutelle, dans un contexte de représailles croisées liées au conflit ukrainien. La mise sous administration provisoire de filiales étrangères constitue cependant une étape supplémentaire, en ce qu'elle transfère temporairement la gouvernance opérationnelle à des entités locales. Pour les entreprises concernées, les conséquences pourraient être multiples : perte de contrôle sur la stratégie, difficultés comptables, incertitude sur la valorisation des actifs. Le groupe Auchan, présent en Russie depuis 2002, y exploitait plusieurs dizaines de magasins avant le conflit.
## Quelles suites pour les groupes français ?
À ce stade, aucune des entreprises citées n'a communiqué publiquement sur les modalités concrètes de cette mise sous administration. Selon des sources concordantes, les discussions entre Paris et Moscou se poursuivraient par canaux diplomatiques. L'issue dépendra largement de l'évolution du rapport de force entre la Russie et les pays européens, dans un contexte où les échanges économiques bilatéraux se sont fortement réduits depuis quatre ans. La décision française de privilégier l'appel au « retour » plutôt que l'annonce de sanctions immédiates laisse entrevoir une marge de négociation encore ouverte, sans garantie sur son aboutissement.