Présidentielle 2027 : pourquoi Jordan Bardella fait toujours mieux que Marine Le Pen dans les sondages de premier tour

Présidentielle 2027 : l’écart se creuse entre Bardella et Le Pen dans les intentions de vote À un an du scrutin présidentiel, une dynamique inédite s’installe a
Présidentielle 2027 : l’écart se creuse entre Bardella et Le Pen dans les intentions de vote
À un an du scrutin présidentiel, une dynamique inédite s’installe au sein du Rassemblement national. Alors que le parti d’extrême droite caracole en tête des sondages, avec des intentions de vote dépassant régulièrement les 30 %, c’est désormais Jordan Bardella, et non Marine Le Pen, qui apparaît comme le mieux placé pour incarner cette dynamique au premier tour. Selon une analyse publiée par Le Figaro le 2 juin 2026, et réalisée par John Timsit, l’écart entre les deux figures du RN, bien que modeste, se révèle structurel et révélateur de clivages sociologiques profonds.
Un contexte judiciaire qui rebat les cartes
La première explication avancée par l’article du Figaro tient à l’incertitude judiciaire qui pèse sur Marine Le Pen. Depuis l’inéligibilité immédiate prononcée contre la triple candidate à l’Élysée en mars 2025, les instituts de sondage sont contraints de tester séparément les deux figures du parti, dans l’attente de la décision en appel. Ce contexte a mécaniquement favorisé Jordan Bardella, qui, jusque-là au coude-à-coude avec sa mentor, la devance désormais quasi systématiquement.
Dans la dernière vague Ifop-Fiducial pour Le Figaro, LCI et Sud Radio, Marine Le Pen est donnée entre 32 % et 33 % des suffrages, tandis que Jordan Bardella oscille entre 33 % et 35 %. Une tendance similaire est observée chez Toluna-Harris Interactive, où l’écart se confirme. Ce différentiel, bien que limité en pourcentage, pourrait s’avérer décisif dans une compétition où chaque point compte pour l’accession au second tour.
Des profils sociologiques qui divergent
Au-delà du facteur judiciaire, l’analyse du Figaro met en lumière des différences sociologiques notables entre les deux électorats. Jordan Bardella séduirait davantage les jeunes et les catégories populaires urbaines, tandis que Marine Le Pen conserverait un socle plus âgé et rural. Cette répartition reflète une évolution générationnelle au sein du RN, où le président du parti, âgé de 30 ans, incarne un renouveau perçu comme plus moderne et moins clivant.
Les enquêtes d’opinion suggèrent également que Bardella bénéficie d’une image moins « usée » que celle de Le Pen, après trois candidatures présidentielles et une exposition médiatique continue depuis 2011. Son discours, centré sur la souveraineté économique et la sécurité, semble mieux capter les inquiétudes des électeurs les plus jeunes, tout en maintenant une ligne dure sur l’immigration.
Un leadership contesté mais pas remis en cause
Malgré cet avantage dans les sondages, la question d’une candidature de Jordan Bardella à la présidentielle de 2027 reste ouverte. Marine Le Pen demeure la « candidate naturelle » du parti à la flamme, et rien n’indique qu’elle soit prête à céder sa place. La décision en appel concernant son inéligibilité, attendue dans les mois à venir, pourrait toutefois précipiter les choses.
Si la condamnation était confirmée, Bardella deviendrait de facto le candidat du RN. Dans le cas contraire, une primaire interne ou un accord tacite pourrait être nécessaire pour départager les deux prétendants. En attendant, les instituts de sondage continuent de tester les deux scénarios, offrant un aperçu des équilibres internes du parti.
Des implications pour le paysage politique
Cet écart entre Bardella et Le Pen ne se limite pas à une simple curiosité sondagière. Il reflète une transformation plus large du Rassemblement national, qui cherche à élargir sa base électorale tout en conservant son noyau dur. La montée en puissance de Bardella pourrait également influencer les stratégies des autres camps, notamment celui d’Emmanuel Macron et de la gauche, qui devront adapter leur discours face à un adversaire potentiellement plus jeune et plus difficile à diaboliser.
À moins d’un an du premier tour, le RN semble donc en position de force, mais avec une inconnue de taille : qui, de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella, sera finalement en mesure de capitaliser sur cette dynamique ? La réponse dépendra autant des décisions de justice que des équilibres internes du parti, dans un contexte où l’écart entre les deux figures, bien que modeste, pourrait s’avérer décisif.