Onyx Infos

Présidentielle 2027 : «Il n'y a plus de favori» dans le bloc central, assure Attal après la chute de Philippe dans un sondage

Une · · Par Claire BERNARD

Présidentielle 2027 : «Il n'y a plus de favori» dans le bloc central, assure Attal après la chute de Philippe dans un sondage

La recomposition du bloc central en vue de l’élection présidentielle de 2027 connaît un tournant significatif. Alors que les enquêtes d’opinion se succèdent, la

La recomposition du bloc central en vue de l’élection présidentielle de 2027 connaît un tournant significatif. Alors que les enquêtes d’opinion se succèdent, la hiérarchie interne de la majorité sortante semble fragilisée, et les déclarations publiques des principaux protagonistes traduisent une tension croissante. Gabriel Attal, candidat déclaré du parti Renaissance, a livré mardi une analyse directe de la situation, évoquant l’absence de favori au sein de son camp. ### Une dynamique affirmée pour les extrêmes Interrogé sur LCI, Gabriel Attal a commenté les résultats de la dernière étude Harris Interactive/Toluna, réalisée pour M6 et RTL et publiée lundi. Selon ses termes rapportés par Le Figaro : « Aujourd'hui ce que montre ce sondage, c'est qu'il y a deux candidats qui ont une dynamique, c'est Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, et que pour le reste, il n'y a plus de favori. » Cette déclaration intervient alors que l’enquête place Marine Le Pen très nettement en tête des intentions de vote, au-delà de 30 %, suivie de Jean-Luc Mélenchon. Le contraste est saisissant avec les candidats du bloc central, dont les scores oscillent entre 15 % et 17 %. L’ancien Premier ministre a attribué cette dynamique aux forces politiques aux extrêmes à leur capacité à porter un récit et une vision. Il a toutefois rappelé son « total désaccord » avec leurs projets respectifs, tout en insistant sur la nécessité d’élargir sa propre base électorale. Il a affirmé que l'espace politique qu'il souhaite « convaincre dans cette campagne est beaucoup plus large que » celui traditionnellement attribué à son camp, suggérant une stratégie d’ouverture au-delà des frontières partisanes habituelles. ### La chute d’Édouard Philippe, un signal pour le camp présidentiel Le point saillant de cette enquête réside dans la baisse d’Édouard Philippe. Le maire du Havre, pressenti comme un poids lourd du bloc central, perd trois points en un mois et se retrouve à 17 % des intentions de vote, désormais au coude à coude avec le leader de La France insoumise. Cette érosion est analysée par l’entourage de Gabriel Attal comme la preuve que l’ancien chef du gouvernement « est en train de perdre son pari », selon des informations rapportées par Le Figaro dès lundi. Cette situation pourrait redessiner les équilibres internes de la majorité. Alors que Gabriel Attal, s'il est seul dans son camp, est mesuré à 15 % — derrière Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen —, la question d’une candidature unique se pose avec une acuité renouvelée. L’hypothèse d’une primaire ou d’un accord de désistement, évoquée à plusieurs reprises ces derniers mois, semble toutefois s’éloigner, chaque protagoniste semblant vouloir capitaliser sur la dynamique de l’autre. La déclaration de Gabriel Attal, qui écarte l’idée d’un favori, pourrait également être lue comme une tentative de relativiser la performance relative de son rival direct. ### Un espace politique à reconquérir Au-delà des chiffres, c’est la stratégie de conquête de l’électorat qui est en jeu. Gabriel Attal a souligné que son espace politique est « beaucoup plus large » que le seul périmètre de son parti, une référence implicite à la nécessité de séduire au-delà des rangs de Renaissance. Cette approche intervient dans un contexte où la fragmentation du paysage politique semble s’accentuer, et où les reports de voix entre les candidats modérés pourraient s’avérer déterminants pour l’accès au second tour. Toutefois, les données fournies par l’étude Harris Interactive/Toluna devront être confirmées par les prochaines vagues de sondages. À ce stade, il apparaît que la bataille pour l’incarnation du centre droit et du centre gauche demeure ouverte, et que les déclarations publiques des intéressés visent autant à rassurer leurs soutiens qu’à influencer les rapports de force internes. L’issue de cette compétition interne reste incertaine, et les prochaines semaines seront décisives pour observer si la dynamique des extrêmes se confirme ou si le bloc central parvient à inverser la tendance.