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Présidentielle 2027 : Marine Le Pen souhaite réserver les HLM aux Français… "une lubie xénophobe" tacle une ancienne ministre

Une · · Par Claire BERNARD

Présidentielle 2027 : Marine Le Pen souhaite réserver les HLM aux Français…

Présidentielle 2027 : Marine Le Pen veut réserver les HLM aux Français, une ancienne ministre dénonce une « lubie xénophobe » À l'occasion de sa rentrée politiq

Présidentielle 2027 : Marine Le Pen veut réserver les HLM aux Français, une ancienne ministre dénonce une « lubie xénophobe »

À l'occasion de sa rentrée politique à Hénin-Beaumont, le 13 septembre, Marine Le Pen a présenté une série de propositions en matière de logement social, dont l'abrogation de la loi SRU au profit d'un principe de « priorité nationale ». Une sortie qui a immédiatement suscité des réactions contrastées, notamment du côté des acteurs du secteur et de la classe politique.

Une proposition centrale : abroger la loi SRU

Selon les informations rapportées par Midi Libre, la présidente du Rassemblement national a promis, lors de son discours de rentrée, d'abroger la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU), texte fondateur qui impose aux communes de disposer d'un quota minimum de logements sociaux, fixé à 20 ou 25 % selon les territoires. Marine Le Pen entend remplacer ce dispositif par une « priorité nationale » qui réserverait l'accès aux HLM aux ressortissants français.

Cette annonce s'inscrit dans une stratégie plus large de reconquête de l'électorat populaire, à deux ans d'une échéance présidentielle où le logement pourrait constituer un thème de campagne majeur. La loi SRU, adoptée en 2000, est régulièrement critiquée par une partie de la droite et de l'extrême droite, qui y voient une contrainte imposée aux communes rurales et périurbaines.

Le secteur du logement social en première ligne

La présidente de l'Union sociale pour l'habitat, organisation représentative du mouvement HLM, s'est exprimée sur ces déclarations, soulignant les conséquences potentielles d'une telle mesure sur l'équilibre du parc social français. Selon cette responsable, la suppression des quotas SRU pourrait fragiliser la mixité sociale, principe fondateur de la politique du logement depuis plusieurs décennies.

D'après les données communément admises par les organismes du secteur, le parc HLM français compte environ 5 millions de logements, dont une part significative est occupée par des ménages étrangers ou d'origine étrangère, notamment dans les grandes agglomérations. Une restriction d'accès fondée sur la nationalité pourrait, selon plusieurs observateurs, se heurter à des obstacles juridiques, notamment au regard du droit constitutionnel et des engagements européens de la France.

Une ancienne ministre dénonce une « lubie xénophobe »

Face à ces annonces, une ancienne ministre a vivement réagi, qualifiant la proposition de « lubie xénophobe ». Cette formule, rapportée par Midi Libre, traduit la défiance d'une partie de la classe politique à l'égard d'une mesure perçue comme électoraliste et juridiquement fragile. L'intéressée n'a pas manqué de rappeler que le logement social répond à des critères de ressources et de situation familiale, et non à des considérations de nationalité.

Cette prise de position s'inscrit dans un contexte de tensions accrues autour des politiques migratoires et sociales. En effet, plusieurs propositions similaires formulées ces dernières années par le Rassemblement national ont été écartées par le Conseil constitutionnel ou jugées incompatibles avec le principe d'égalité devant la loi.

Un enjeu juridique et politique

Au-delà des débats politiques, la faisabilité juridique d'une telle mesure demeure incertaine. Le principe d'égalité, consacré par la Constitution, et le droit à la non-discrimination, protégé par le droit européen, pourraient constituer des verrous importants. Toutefois, Marine Le Pen a déjà annoncé son intention, si elle accède au pouvoir, de réviser la Constitution pour inscrire la « priorité nationale » dans le texte fondamental.

Cette proposition pourrait, par ailleurs, raviver les clivages au sein même du paysage politique, entre partisans d'une préférence nationale assumée et défenseurs d'un modèle républicain universaliste. À deux ans de l'élection présidentielle, le débat sur le logement social devrait ainsi s'imposer comme l'un des points de friction majeurs de la campagne à venir.