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Présidentielle 2027 : Marine Le Pen, finalement candidate après le coup de théâtre judiciaire

Une · · Par Claire BERNARD

Présidentielle 2027 : Marine Le Pen, finalement candidate après le coup de théâtre judiciaire

# Présidentielle 2027 : Marine Le Pen, finalement candidate après le coup de théâtre judiciaire Marine Le Pen, 57 ans, a annoncé mardi soir sur le plateau du «

# Présidentielle 2027 : Marine Le Pen, finalement candidate après le coup de théâtre judiciaire Marine Le Pen, 57 ans, a annoncé mardi soir sur le plateau du « 20 Heures » de TF1 qu'elle sera candidate à l'élection présidentielle de 2027, malgré sa condamnation judiciaire prononcée quelques heures plus tôt par la cour d'appel de Paris. La cheffe de file du Rassemblement national, qui briguera pour la quatrième fois la magistrature suprême, a simultanément fait savoir qu'elle se pourvoirait en cassation, dans l'espoir que cette procédure n'affecte pas sa candidature. ## Une annonce surprise dans un climat judiciaire tendu Selon des informations rapportées par Le Figaro, la députée du Pas-de-Calais a profité de son intervention télévisée pour officialiser sa candidature, tout en dévoilant sa décision de contester la décision de justice devant la Cour de cassation. Ce double geste, à la fois politique et judiciaire, intervient dans un contexte particulièrement tendu pour la leader d'extrême droite. Les juges de la cour d'appel de Paris l'ont en effet condamnée à trois ans de prison, dont deux avec sursis, assortis d'une peine d'inéligibilité de 45 mois, dont 30 avec sursis. Concrètement, Marine Le Pen devra purger un an de prison ferme aménageable, une peine qui, selon ses avocats, pourrait être exécutée sous forme de bracelet électronique ou de détention à domicile. ### Les implications juridiques d'une candidature sous le coup d'une condamnation La situation juridique de Marine Le Pen demeure complexe et inédite dans l'histoire de la Ve République. D'après des sources judiciaires citées par le quotidien, le pourvoi en cassation qu'elle a annoncé suspend l'exécution provisoire de la peine d'inéligibilité, ce qui lui permet, en l'état actuel du droit, de se présenter à l'élection présidentielle. Toutefois, cette interprétation juridique fait débat parmi les constitutionnalistes. Certains estiment que la condamnation pour détournement de fonds publics, prononcée en première instance, pourrait être retenue par le Conseil constitutionnel comme un motif d'inéligibilité, indépendamment de la procédure en cassation. La candidate du RN, quant à elle, se dit « persuadée que ce nouveau rendez-vous judiciaire n'aura aucune conséquence sur sa candidature », selon ses déclarations rapportées par Le Figaro. ## Le Rassemblement national derrière sa « candidate naturelle » Au sein du Rassemblement national, la position de Marine Le Pen semble consolidée par ce rebondissement judiciaire. Jordan Bardella, président du parti, a immédiatement apporté son soutien à celle qu'il qualifie de « candidate naturelle » du mouvement. Cette unité affichée contraste avec les tensions qui avaient pu émerger par le passé entre les deux figures du parti. Selon des observateurs politiques, cette candidature pourrait également avoir pour effet de recentrer le débat interne autour de la question de la « persécution judiciaire » que dénonce régulièrement le RN, plutôt que sur les divergences programmatiques ou stratégiques. La campagne qui s'annonce s'inscrit dans un calendrier serré : l'élection présidentielle est prévue pour avril et mai 2027, et Marine Le Pen devra, d'ici là, obtenir les 500 parrainages nécessaires pour valider officiellement sa candidature. ## Une situation politique et judiciaire sans précédent Ce scénario, où une candidate déclarée à la présidentielle fait l'objet d'une condamnation pénale en cours d'appel, est inédit sous la Ve République. Les précédents, comme celui de François Bayrou en 2017 ou de Nicolas Sarkozy en 2021, concernaient des situations juridiques différentes, où les peines n'avaient pas été prononcées en cours de campagne. La décision de Marine Le Pen de se pourvoir en cassation pourrait, selon des experts juridiques, repousser l'examen définitif de son cas après l'élection, si la Cour de cassation ne statue pas avant le premier tour. Ce délai judiciaire, s'il se confirme, placerait les électeurs face à un choix politique dont l'issue pourrait être remise en cause par une décision de justice ultérieure. Une perspective qui, selon plusieurs constitutionnalistes, interroge la robustesse des mécanismes de contrôle de l'éligibilité des candidats à la fonction suprême.