Présidentielle 2027 : «Je veux être candidat», Dominique de Villepin se dévoile un peu plus et accuse Philippe de «faire le jeu de Le Pen» sur l'immigration

# Présidentielle 2027 : Dominique de Villepin confirme ses ambitions et attaque Édouard Philippe sur l'immigration L'ancien Premier ministre Dominique de Villep
# Présidentielle 2027 : Dominique de Villepin confirme ses ambitions et attaque Édouard Philippe sur l'immigration
L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a franchi un nouveau pas dans sa trajectoire vers l'élection présidentielle de 2027. Interrogé dimanche sur BFMTV, celui qui dirigea le gouvernement français de 2005 à 2007 a déclaré vouloir être candidat, tout en adressant de vives critiques à Édouard Philippe, accusé de « faire le jeu » du Rassemblement national sur la question migratoire.
## Une candidature affirmée avec prudence
Selon des informations rapportées par Le Figaro et l'AFP, Dominique de Villepin a explicitement formulé son intention de se présenter à la prochaine échéance présidentielle. Cette déclaration, bien que dépourvue de calendrier précis, marque une évolution notable dans le discours de l'ancien chef du gouvernement, qui n'avait jusqu'alors jamais officialisé ses ambitions avec une telle clarté. L'ancien ministre des Affaires étrangères semble ainsi vouloir structurer son offre politique autour d'une ligne républicaine qu'il juge menacée par les positionnements récents de ses concurrents potentiels.
Cette annonce intervient dans un contexte politique où les candidatures se précisent progressivement, sans qu'aucun favori ne se soit encore imposé dans les sondages. La trajectoire de Dominique de Villepin, marquée par son opposition à l'intervention en Irak en 2003 et par sa rupture assumée avec une partie de la droite traditionnelle, pourrait lui permettre de capter un électorat en quête d'une alternative souverainiste et sociale.
## Une charge frontale contre Édouard Philippe
Le cœur de l'intervention de Dominique de Villepin sur BFMTV a porté sur les propositions formulées par Édouard Philippe lors de son déplacement à Mayotte la semaine précédente. Le chef du parti Horizons y a promis un « moratoire total » sur l'immigration dans ce département d'outre-mer, incluant non seulement une révision du droit du sol et du droit d'asile, mais également un encadrement du regroupement familial.
« Quand je vois Édouard Philippe, membre d'un parti républicain, dire à Mayotte qu'il faut revoir le droit du sol et revoir le droit d'asile... On est en France, à Mayotte. Si on remet en cause le droit d'asile à Mayotte, qu'est-ce qu'on fait sur l'Hexagone, le territoire national ? », s'est lamenté l'ancien Premier ministre, cité par Le Figaro. Selon lui, cette stratégie s'apparente à une « surenchère » qui profiterait directement à Marine Le Pen et au Rassemblement national en normalisant leurs thématiques.
Cette prise de position illustre les fractures grandissantes au sein de l'espace politique français sur la question migratoire, alors que les partis de gouvernement peinent à définir une ligne claire face à la progression électorale du RN. Dominique de Villepin a par ailleurs qualifié la promesse du Rassemblement national d'organiser un référendum sur l'immigration — répétée samedi par Jordan Bardella — d'« énième surenchère », selon les termes rapportés par nos confrères.
## Une opposition structurante pour la campagne
Les déclarations de Dominique de Villepin dessinent les contours d'une campagne présidentielle où la question identitaire et migratoire pourrait constituer le principal axe de clivage. En attaquant frontalement Édouard Philippe sur ce terrain, l'ancien chef du gouvernement cherche à incarner une alternative républicaine ferme, distincte à la fois des positions d'Horizons et de celles du Rassemblement national.
Cette stratégie comporte toutefois des risques, tant l'électorat de droite semble partagé entre des demandes sécuritaires croissantes et un attachement aux principes républicains. La capacité de Dominique de Villepin à fédérer au-delà de son cercle traditionnel de soutiens demeure incertaine, d'autant que sa candidature devra composer avec un paysage politique fragmenté et une concurrence multiple à droite comme au centre.
Reste à savoir si ces prises de position permettront à l'ancien Premier ministre de s'imposer comme une figure centrale du débat, ou si elles contribueront à accentuer encore davantage la polarisation du champ politique français à l'approche de l'échéance de 2027.