Présidentielle 2027 : le grand désarroi des Français profite au RN et à LFI

Selon une étude de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol) révélée par Le Figaro le 2 juillet 2026, les Français abordent l’élection présidentielle
Selon une étude de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol) révélée par Le Figaro le 2 juillet 2026, les Français abordent l’élection présidentielle de 2027 dans un état de désarroi profond, marqué par un sentiment de déclassement, une défiance généralisée et un désintérêt croissant pour la politique. Ce climat délétère profiterait au Rassemblement national (RN) et à La France insoumise (LFI), renforçant une polarisation aux extrêmes qui redessine le paysage politique français.
## Un rejet massif des candidats traditionnels
L’étude, réalisée par l’institut OpinionWay pour la Fondapol, traduit un rejet massif de l’ensemble des candidats potentiels à la présidentielle. Selon les données recueillies, le « potentiel électoral » des partis dits de gouvernement, qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition classique, semblerait s’éroder au profit des formations situées aux extrémités de l’échiquier politique. Le politologue Dominique Reynié, directeur de la Fondapol, fait le constat d’une « nation en crise au seuil de son élection souveraine ». Il insiste sur la notion d’une « crise patrimoniale » qu’il assimile à une dépossession d’une manière de vivre à la française. Cette crise se traduirait notamment par un niveau de vie relativement en baisse pour une partie significative de la population, alimentant un sentiment de précarité et d’injustice.
Le désarroi ambiant ne se limite pas à une simple insatisfaction conjoncturelle. Il s’agirait d’un phénomène plus structurel, où la défiance envers les institutions et les élites politiques atteint un niveau inédit. Les électeurs, selon l’étude, exprimeraient une forme de lassitude face à un système politique perçu comme incapable de répondre à leurs préoccupations quotidiennes, qu’il s’agisse du pouvoir d’achat, de la sécurité ou de l’immigration. Ce vide laissé par les partis traditionnels serait comblé par les offres politiques plus radicales, portées par le RN et LFI, qui capitaliseraient sur cette colère et cette désillusion.
## Un nouveau clivage RN-LFI
L’étude de la Fondapol, dont les résultats sont présentés comme exclusifs par Le Figaro, met en lumière un nouveau clivage structurant la vie politique française : celui opposant le RN à LFI. Après dix ans de présidence d’Emmanuel Macron, ces deux formations polariseraient désormais le débat public, attirant à elles des électorats de plus en plus larges, bien que diamétralement opposés sur le plan idéologique. Selon les hypothèses de second tour testées par l’institut, la confrontation entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon deviendrait un scénario de plus en plus plausible, reflétant l’effondrement du centre et la radicalisation des préférences électorales.
Dominique Reynié souligne que ce phénomène n’est pas simplement le produit d’une conjoncture défavorable, mais s’inscrit dans une dynamique de long terme. La « crise patrimoniale » qu’il évoque renverrait à une perte de repères et de perspectives pour de nombreux Français, qui se sentiraient dépossédés de leur avenir. Dans ce contexte, les discours de rupture portés par les extrêmes, qu’ils soient de droite ou de gauche, trouveraient un écho particulier. Le RN capitaliserait sur les craintes liées à l’insécurité et à l’identité nationale, tandis que LFI miserait sur les inégalités économiques et la défiance envers les institutions européennes et financières.
## Des implications pour la campagne à venir
Ces résultats, bien que partiels (l’article du Figaro étant réservé aux abonnés et seulement partiellement accessible), esquissent les contours d’une campagne présidentielle sous haute tension. Le rejet massif des candidats traditionnels pourrait contraindre les partis de gouvernement à repenser leur stratégie, tentant de reconquérir un électorat tenté par les extrêmes. Cependant, l’étude suggère que le désarroi des Français est si profond qu’il rend difficile toute reconquête rapide. La polarisation RN-LFI, si elle se confirme, pourrait transformer l’élection de 2027 en un référendum sur le système politique lui-même, plutôt que sur des programmes précis.
Alors que la date du scrutin approche, les données de la Fondapol offrent un éclairage inquiétant sur l’état de l’opinion publique. Le sentiment de déclassement et la défiance semblent ancrés durablement, et les clivages politiques se durcissent. Dans ce paysage, les partis traditionnels devront trouver une réponse crédible à la fois aux angoisses matérielles et à la quête de sens d’une population en proie au doute, sous peine de voir le duel annoncé entre le RN et LFI devenir une réalité électorale.