Présidentielle 2027 : David Lisnard relance l’idée d’une primaire, rappelant qu’«aucun candidat naturel ne s’impose à droite et au centre»

La droite et le centre se cherchent un champion à moins de deux ans du scrutin présidentiel. David Lisnard, maire de Cannes et candidat déclaré, a relancé mardi
La droite et le centre se cherchent un champion à moins de deux ans du scrutin présidentiel. David Lisnard, maire de Cannes et candidat déclaré, a relancé mardi 25 août 2026 l’idée d’une primaire ouverte, dans une tribune publiée par *Le Monde*, estimant qu’« aucun candidat naturel ne s’impose » dans son camp politique. Cette prise de position intervient alors que plusieurs enquêtes d’opinion peinent à dégager une dynamique claire parmi les prétendants des deux familles politiques concernées.
## Une tribune pour sortir de l’impasse
Dans ce texte, l’ex-LR insiste sur la nécessité d’organiser « une grande primaire ouverte à tous » afin de départager les ambitions et d’éviter l’éparpillement des voix. Selon des informations rapportées par *Le Figaro*, David Lisnard affirme qu’« être responsable aujourd’hui, c’est comprendre que sans candidat désigné démocratiquement, la droite et le centre ne seront pas en mesure de l’emporter ». Le maire de Cannes, qui préside également l’Association des maires de France (AMF), plaide pour un scrutin calqué sur le modèle de 2016, lorsque plus de 4 millions de Français s’étaient déplacés pour choisir le représentant de la droite. Il y voit un moyen de conférer au vainqueur une « autorité » et une « légitimité populaire » indispensables pour aborder la campagne électorale.
Cette proposition n’est pas nouvelle dans le débat public, mais elle prend une acuité particulière à mesure que les échéances approchent. D’après l’élu azuréen, une telle démarche permettrait surtout de « prévenir la division qui fait perdre les élections », un risque jugé d’autant plus prégnant que les sondages actuels ne montrent aucun leadership net au sein de cet espace politique.
## Un paysage politique fragmenté
Le contexte électoral semble en effet justifier cette inquiétude. Selon un sondage Harris Interactive-Toluna cité par le quotidien, le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, se hisserait au second tour dans trois cas de figure sur les cinq envisagés pour le premier tour, et pourrait ainsi défier la favorite Marine Le Pen. Ces projections, bien qu’à prendre avec précaution, illustrent la difficulté des candidats de droite et du centre à émerger comme des alternatives crédibles. La même enquête tendrait à démontrer qu’aucun des prétendants issus de ces sensibilités ne parvient à prendre un ascendant décisif sur ses concurrents, fragilisant par là même leurs ambitions respectives.
Face à ce constat, David Lisnard propose une solution procédurale, mais ses détracteurs pourraient y voir une manœuvre politique visant à rebattre les cartes. Le calendrier d’une telle primaire, ses modalités pratiques et l’adhésion des autres candidats potentiels restent, à ce stade, des paramètres non élucidés. Les partis concernés, dont Les Républicains et les formations du centre, n’ont officiellement pas réagi à cette suggestion, selon les éléments disponibles.
## Des précédents historiques contrastés
La référence à la primaire de 2016 n’est pas anodine. Cette expérience, qui avait mobilisé une part significative de l’électorat, avait toutefois laissé des traces durables dans le paysage politique français, le vainqueur ayant ensuite été éliminé dès le premier tour de l’élection présidentielle. Ce précédent pourrait nourrir les réticences de certains dirigeants à s’engager dans une telle procédure, d’autant que les conditions de 2026 diffèrent sensiblement de celles d’il y a dix ans, tant sur le plan des rapports de force internes que de la configuration générale de l’offre politique.
David Lisnard, qui se présente comme un candidat de « droite libérale », semble néanmoins déterminé à faire de cette question un marqueur de sa campagne. En insistant sur la légitimité démocratique comme condition de la victoire, il cherche à se positionner comme un rassembleur potentiel, tout en rappelant son ancrage local et sa connaissance des territoires, des atouts qu’il pourrait mettre en avant dans les prochaines semaines.
## Un débat qui s’annonce structurant
La relance de cette idée de primaire pourrait bien structurer les prochains mois du débat politique à droite et au centre. Elle soulève en creux la question de la méthode de désignation des candidats, mais aussi celle de la stratégie d’alliance face à un scrutin qui s’annonce disputé. Les réactions des autres prétendants, qu’ils soient issus des rangs LR, de la majorité présidentielle ou des formations centristes, seront scrutées avec attention. Pour l’heure, aucune réponse officielle n’a été apportée, et le maire de Cannes semble vouloir occuper le terrain en imposant ce sujet dans l’agenda politique. L’évolution des intentions de vote dans les prochaines semaines pourrait toutefois modifier la donne, chaque candidat ayant intérêt à jouer sa partition en fonction des rapports de force du moment.