Présidentielle 2027 : en cas de victoire de Marine Le Pen, Sarah Knafo ne ferme pas la porte à une entrée dans un gouvernement Bardella

L’union des droites, esquissée par Éric Zemmour depuis des années, semble prendre une consistance nouvelle à l’approche de l’échéance présidentielle de 2027. In
L’union des droites, esquissée par Éric Zemmour depuis des années, semble prendre une consistance nouvelle à l’approche de l’échéance présidentielle de 2027. Invitée jeudi soir sur LCI pour la promotion de son ouvrage *Le Casse du siècle* (Fayard), l’eurodéputée Sarah Knafo, figure de proue de Reconquête, a pour la première fois laissé entendre qu’elle ne fermerait pas la porte à une entrée dans un gouvernement dirigé par Jordan Bardella, en cas de victoire de Marine Le Pen. Une déclaration qui, selon des informations rapportées par *Le Figaro*, marquerait une évolution notable dans les relations entre les deux formations nationalistes, quatre ans après leur affrontement brutal lors de la campagne présidentielle de 2022.
### Une hypothèse de coalition désormais envisagée
Selon des propos rapportés par *Le Figaro*, Sarah Knafo a estimé que toutes les formations de même sensibilité devraient s’« entendre » pour l’emporter face à leurs adversaires. Cette déclaration intervient alors que Marine Le Pen est donnée gagnante dans les sondages pour le scrutin de 2027, une dynamique qui pourrait inciter les partis de la droite nationale à rechercher un terrain d’entente. L’eurodéputée, qui reste fidèle à la ligne tracée par Éric Zemmour, celle de « l’union des droites », semble ainsi vouloir dépasser les querelles passées pour privilégier une logique d’efficacité électorale. Toutefois, il convient de souligner que cette ouverture demeure conditionnelle et n’implique pas, à ce stade, un accord formel entre le Rassemblement national et Reconquête.
### Les séquelles de la « primaire sauvage » de 2022
Il faut rappeler que la campagne de 2022 avait laissé des traces profondes entre Marine Le Pen et Éric Zemmour. Leurs échanges virulents, qui avaient exacerbé les divisions du camp nationaliste, avaient finalement tourné à l’avantage de la première, créditée d’un score historique au second tour face à Emmanuel Macron. Ces tensions passées pourraient toutefois s’estomper face à l’enjeu que représente l’alternance. Selon plusieurs observateurs politiques, la perspective d’une victoire en 2027 agirait comme un catalyseur pour surmonter les rancœurs personnelles. Sarah Knafo, en évoquant cette possibilité, s’inscrirait dans une stratégie plus large visant à préparer une future majorité parlementaire, condition indispensable pour gouverner efficacement dans le cadre des institutions de la Ve République.
### Les implications pour la droite nationale et la majorité présidentielle
Si cette ouverture se concrétisait, elle redessinerait les équilibres politiques au sein de l’opposition. Une alliance entre le RN et Reconquête pourrait en effet offrir un bloc plus cohérent face à la majorité présidentielle, tout en posant la question des postes et des responsabilités au sein d’un éventuel gouvernement Bardella. Par ailleurs, cette dynamique d’union, si elle se confirmait, pourrait également avoir des répercussions sur les négociations internes à chaque parti, notamment sur la ligne politique à adopter concernant les questions économiques, identitaires ou européennes. D’après des sources proches du dossier, des discussions informelles auraient d’ores et déjà eu lieu entre les équipes des deux mouvements, bien qu’aucune confirmation officielle n’ait été apportée à ce jour.
### Une séquence politique à surveiller de près
À un peu plus d’un an du scrutin présidentiel, cette prise de position de Sarah Knafo pourrait constituer un marqueur important de la recomposition en cours à droite. Elle intervient dans un contexte où les sondages placent le Rassemblement national en position de force, mais où les incertitudes demeurent nombreuses, tant sur la candidature effective de Marine Le Pen que sur les modalités d’une éventuelle alliance. Les prochaines semaines, marquées par les débats budgétaires et les échéances européennes, pourraient offrir un terrain d’observation privilégié pour mesurer la portée réelle de ces déclarations. La question de l’union des droites, régulièrement évoquée sans jamais aboutir, semble toutefois gagner en crédibilité à mesure que l’échéance électorale approche, sans que l’on puisse encore en mesurer toutes les conséquences politiques.