Près de 98 000 hectares brûlés, 21 000 départs de feu, record depuis 1976… le lourd bilan des incendies de l’été en France

## Incendies : l'été 2025 inscrit dans la mémoire noire des forêts françaises La France a brûlé comme rarement dans son histoire récente. Selon les données comm
## Incendies : l'été 2025 inscrit dans la mémoire noire des forêts françaises
La France a brûlé comme rarement dans son histoire récente. Selon les données communiquées par l'Office national des forêts (ONF) ce jeudi, 98 000 hectares ont été ravagés par les flammes en France hexagonale durant l'été, un niveau cinq fois supérieur à la moyenne des vingt dernières années. Le nombre de départs de feu recensés, environ 21 000, constitue un record absolu depuis 1976, année de référence en matière de sécheresse et de sinistres.
## Un phénomène d'une ampleur inédite
Les chiffres avancés par l'ONF donnent la mesure d'un basculement. Cinq fois la moyenne des deux dernières décennies : jamais un tel écart n'avait été observé dans les annales récentes. Les 21 000 départs de feu enregistrés dépassent largement les statistiques habituelles, et le seuil symbolique de 1976 — année de canicule historique — se trouve désormais franchi. Cette concomitance entre nombre de foyers et superficie détruite traduit moins une intensité ponctuelle qu'une multiplication des points d'ignition sur l'ensemble du territoire.
Les régions traditionnellement épargnées n'ont pas été ménagées. La Seine-et-Marne, département d'Île-de-France éloigné des zones méditerranéennes habituellement exposées, a vu sa forêt souffrir des flammes, signe que la carte des risques s'est redessinée. L'ONF n'a pas détaillé, dans les éléments communiqués, la répartition exacte des surfaces perdues entre massifs méditerranéens et forestiers tempérés, mais cette extension géographique constitue en soi un indicateur préoccupant.
## La forêt française face à un seuil critique
Au-delà du bilan matériel, c'est la capacité de régénération des massifs qui interroge. Les écosystèmes forestiers français, façonnés par des siècles de gestion sylvicole, ne se reconstituent pas à l'échelle d'une décennie lorsqu'ils sont soumis à des incendies répétés. La sécheresse des sols et les températures élevées, qui ont accompagné cette saison estivale, ont vraisemblablement accru la vulnérabilité des peuplements, notamment les résineux et les feuillus de plaine.
L'Office national des forêts, établissement public chargé de la gestion des forêts domaniales, n'a pas précisé dans son communiqué les moyens de reboisement envisagés ni le calendrier des opérations de restauration. Ces questions devraient néanmoins s'imposer dans les mois à venir, alors que le coût économique et écologique des sinistres se chiffre en milliards d'euros et en décennies de reconstitution.
## Une saison qui interpelle les politiques publiques
Le record de 1976 avait marqué les esprits par sa durée et sa violence. Près de cinquante ans plus tard, le dépassement de ce seuil, tant en nombre de départs de feu qu'en surfaces détruites, pose la question de l'adaptation des dispositifs de prévention et de lutte. Les moyens aériens et terrestres mobilisés cet été, dont l'ampleur n'a pas été détaillée par l'ONF, n'ont pas suffi à contenir la progression des flammes dans plusieurs secteurs.
Les autorités n'ont pas encore communiqué de plan d'action spécifique à la suite de ce bilan. La question de la gestion forestière, de l'entretien des interfaces habitat-forêt et de la sensibilisation du public aux risques pyrotechniques devrait toutefois revenir dans le débat public à mesure que les données seront affinées.
Ce que révèle cet été 2025, c'est moins un accident climatique isolé qu'une tendance lourde : celle d'une France métropolitaine désormais confrontée, sur une large part de son territoire, à un risque incendie autrefois circonscrit aux marges méditerranéennes. La forêt française, patrimoine écologique et paysager, entre dans une ère d'incertitude dont l'ONF, par ses chiffres, vient de dresser le constat.