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Près de 2.400 postes supprimés chez Auchan: le Conseil d'État valide le plan social géant annoncé fin 2024 par le distributeur et contesté par les syndicats

Economie · · Par Julie MOREAU

Près de 2.400 postes supprimés chez Auchan: le Conseil d'État valide le plan social géant annoncé fin 2024 par le distributeur et contesté par les syndicats

## Le Conseil d'État valide le plan social d'Auchan, un revers pour la CGT et FO Le Conseil d'État a annulé, vendredi, deux jugements qui invalidaient le plan d

## Le Conseil d'État valide le plan social d'Auchan, un revers pour la CGT et FO Le Conseil d'État a annulé, vendredi, deux jugements qui invalidaient le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) annoncé fin 2024 par le distributeur Auchan, selon une décision consultée par l'AFP et relayée par le magazine spécialisé LSA. Cette décision confirme la légalité d'un plan contesté par la CGT et FO, qui prévoyait près de 2.400 suppressions de postes au sein de l'enseigne nordiste. ## Un feuilleton judiciaire de plusieurs mois L'affaire s'inscrit dans un long bras de fer entre la direction d'Auchan et les organisations syndicales. En janvier dernier, la cour administrative d'appel de Douai (Nord) avait confirmé l'invalidation du PSE, prononcée quelques mois plus tôt par le tribunal administratif de Lille. Les juges de première instance avaient alors estimé que le dispositif présenté par le distributeur ne remplissait pas les conditions légales requises, notamment en matière de reclassement et d'accompagnement des salariés concernés. Auchan, qui conteste cette lecture depuis l'origine, s'était pourvu devant le Conseil d'État pour faire rétablir la validité de son plan. La plus haute juridiction administrative lui donne aujourd'hui raison en annulant les deux décisions défavorables. ## Près de 2.400 postes en jeu Le PSE en question portait sur environ 2.400 suppressions de postes, un chiffre qui en fait l'un des plans sociaux les plus lourds annoncés dans la grande distribution française ces dernières années. Selon les informations rapportées par BFM Business, environ 1.000 salariés avaient déjà trouvé une autre solution avant que la justice ne se prononce sur le fond du dossier. La CGT, de son côté, avait demandé la réintégration des près de 2.400 salariés licenciés, une requête qui se heurte désormais à la décision du Conseil d'État. Les syndicats dénonçaient notamment les modalités de mise en œuvre du plan et contestaient la réalité des efforts de reclassement interne promis par la direction. ## Quelles suites pour les salariés concernés ? La validation du PSE par le Conseil d'État ne clôt pas nécessairement toutes les procédures. Les organisations syndicales pourraient examiner d'autres voies de recours, notamment sur le terrain indemnitaire ou devant les prud'hommes, même si la légalité du plan semble désormais acquise. Pour les salariés déjà partis, la question d'un éventuel retour en entreprise apparaît en revanche compromise. Cette décision intervient dans un contexte tendu pour le secteur de la distribution alimentaire, confronté à une concurrence accrue des enseignes discount et à une transformation profonde des habitudes de consommation. ## Un signal pour l'ensemble du secteur Au-delà du cas d'Auchan, cette décision du Conseil d'État pourrait faire jurisprudence pour d'autres plans sociaux en cours ou à venir dans la grande distribution. Elle confirme que les juridictions administratives suprêmes entendent se montrer rigoureuses sur l'appréciation des critères légaux d'un PSE, sans pour autant invalider systématiquement les choix stratégiques des entreprises. Pour les syndicats, l'enjeu reste de démontrer que les dispositifs d'accompagnement proposés demeurent insuffisants, un argument qui n'a pas convaincu la plus haute juridiction administrative.