Près de 190.000 entreprises ont fermé en Allemagne l'année dernière: le chiffre est au plus haut depuis 2014 mais seule 1 boîte sur 8 était en situation d'insolvabilité

L'économie allemande a enregistré 188.000 fermetures d'entreprises en 2025, un niveau inédit depuis 2014, selon une étude conjointe de l'institut de recherche Z
L'économie allemande a enregistré 188.000 fermetures d'entreprises en 2025, un niveau inédit depuis 2014, selon une étude conjointe de l'institut de recherche ZEW Mannheim et de l'association suisse de protection des créanciers Creditreform. Cette hausse de 10% sur un an intervient après un point bas de 153.000 fermetures en 2023, puis 177.000 en 2024. Pour autant, seules 12% de ces cessations d'activité étaient liées à une situation d'insolvabilité, le reste relevant de départs volontaires ou de transmissions.
## Un rebond de deux ans après le creux de 2023
L'indicateur des fermetures d'entreprises outre-Rhin suit une trajectoire ascendante depuis deux exercices consécutifs. Les données de l'étude ZEW Mannheim-Creditreform, publiées par BFM Business, font état de 153.000 cessations d'activités en 2023, un plancher, avant une remontée à 177.000 en 2024 puis 188.000 l'an dernier. Ce dernier chiffre constitue le plus élevé depuis 2014.
Cette évolution doit être relativisée : sur les 188.000 fermetures recensées, seule une entreprise sur huit se trouvait en situation d'insolvabilité. Les autres cas correspondent à des arrêts volontaires, des départs à la retraite ou des cessions d'activité. La distinction est importante pour mesurer la santé réelle du tissu productif allemand, même si la tendance de fond inquiète les observateurs.
À titre de comparaison, la France comptait environ 70.800 défaillances d'entreprises (liquidations et redressements judiciaires) sur un an en juin, selon les données publiées par la Banque de France. L'écart entre les deux pays s'explique notamment par des définitions statistiques différentes, le chiffre allemand incluant l'ensemble des cessations d'activité et pas seulement les procédures collectives.
## Hôtellerie-restauration, automobile et santé en première ligne
Les secteurs les plus touchés par cette hausse des fermetures sont identifiés avec précision par les deux organismes. L'hôtellerie-restauration enregistre une progression de 15% des cessations d'activité sur un an, tandis que le secteur médical connaît une augmentation de 12%, principalement en raison de la fermeture de cabinets médicaux. L'industrie automobile est également citée, sans que les données chiffrées ne soient précisées dans l'étude.
Le secteur automobile allemand traverse une crise structurelle profonde. Fin juin 2026, il avait perdu 42.300 emplois en l'espace d'un an, selon le bureau allemand des statistiques, après 48.000 autres suppressions sur douze mois en septembre 2025. L'industrie compte désormais 691.500 salariés, son plus bas niveau depuis 2005. Les fabricants de pièces et d'accessoires automobiles sont particulièrement touchés, avec une chute de l'emploi de 7% dans ce sous-secteur.
## Un impact macroéconomique à surveiller
La conjonction de ces fermetures dans des secteurs à forte intensité de main-d'œuvre laisse présager des conséquences notables sur l'emploi et la croissance allemande. Les annonces régulières de suppressions de postes dans l'automobile, combinées à la dégradation de l'hôtellerie-restauration et à la réduction de l'offre de soins, pourraient peser sur la consommation des ménages et l'attractivité de certaines régions.
Les données de l'étude ZEW Mannheim-Creditreform ne précisent pas la répartition géographique des fermetures, ni leur taille moyenne. Les prochains mois diront si cette hausse traduit un simple rattrapage après le creux exceptionnel de 2023 ou le début d'une dégradation plus durable du tissu entrepreneurial allemand, dans un contexte de transition industrielle et énergétique qui redessine les équilibres économiques du pays.