Préparer les transports de demain en Auvergne-Rhône-Alpes - Région Auvergne-Rhône-Alpes

Face à l’urgence climatique et à la nécessité de désenclaver les territoires, la Région Auvergne-Rhône-Alpes accélère sa réflexion sur la mobilité de demain. Al
Face à l’urgence climatique et à la nécessité de désenclaver les territoires, la Région Auvergne-Rhône-Alpes accélère sa réflexion sur la mobilité de demain. Alors que les habitudes de déplacement évoluent et que les infrastructures vieillissantes peinent à répondre aux besoins, les collectivités locales cherchent à conjuguer innovation technologique, transition écologique et accessibilité pour tous. Ce chantier colossal, qui implique de repenser les réseaux ferroviaires, routiers et les nouvelles formes de mobilité douce, s’annonce comme un défi majeur pour la deuxième région la plus peuplée de France.
## Un territoire sous pression démographique et environnementale
Avec près de 8,1 millions d’habitants, l’Auvergne-Rhône-Alpes est une région dynamique mais contrastée. La métropole lyonnaise, poumon économique, concentre les flux et les embouteillages, tandis que les zones rurales du Cantal ou de la Haute-Loire souffrent d’un manque criant d’offres de transport. Selon les données fournies par la Région, la pression sur le réseau s’intensifie : le trafic ferroviaire a augmenté de 15 % en cinq ans sur les axes majeurs, comme la liaison Lyon-Grenoble ou Lyon-Saint-Étienne. Parallèlement, les émissions de gaz à effet de serre liées aux transports représentent environ 30 % du total régional, un chiffre que les autorités souhaitent réduire drastiquement d’ici 2030.
Le Plan de déplacements urbains (PDU) de la métropole lyonnaise prévoit déjà une réduction de 20 % de la circulation automobile individuelle d’ici 2026. Mais pour la Région, l’enjeu dépasse le simple cadre urbain. « Il faut penser les transports comme un réseau maillé, qui relie les grandes villes aux campagnes, tout en intégrant les nouvelles technologies », explique un porte-parole de la collectivité, cité dans le dossier de presse. Cette vision globale est au cœur des discussions en cours, avec un budget prévisionnel de 2,5 milliards d’euros alloué aux investissements ferroviaires pour la période 2023-2030.
## Le ferroviaire, colonne vertébrale du réseau régional
La Région Auvergne-Rhône-Alpes mise sur le rail comme axe structurant de sa politique de mobilité. Le projet de modernisation de la ligne Lyon-Turin, qui permettrait de fluidifier le fret et les voyageurs vers l’Italie, avance lentement mais sûrement. Par ailleurs, la rénovation des lignes de proximité, comme la liaison Clermont-Ferrand-Lyon ou le service express régional métropolitain (SERM) grenoblois, figure parmi les priorités. Selon les chiffres communiqués par la Région, 80 % des trains régionaux ont plus de 15 ans, et un plan de renouvellement de la flotte est en cours, avec l’acquisition de 44 nouvelles rames électriques à hydrogène d’ici 2028.
Ce virage vers l’hydrogène, bien que prometteur, suscite des interrogations. Le coût de production et le manque d’infrastructures de ravitaillement freinent encore son déploiement. « Nous étudions des solutions hybrides et le recours à des batteries de dernière génération pour les lignes non électrifiées », précise le service communication de la Région. Par ailleurs, la question de la desserte des zones rurales reste épineuse : certaines lignes, comme celle reliant Aurillac à Figeac, affichent un taux de fréquentation inférieur à 30 %, ce qui interroge sur leur viabilité économique.
## Mobilités douces et innovation numérique
Au-delà du rail, la Région encourage le développement des mobilités actives et partagées. Le schéma régional des véloroutes, doté de 100 millions d’euros, prévoit la création de 1 200 kilomètres de pistes cyclables d’ici 2030, reliant notamment Lyon à Genève et Clermont-Ferrand à Valence. Parallèlement, des expérimentations de navettes autonomes sont menées sur le site de la Doua à Villeurbanne et dans le centre-ville de Chambéry. Ces tests, en partenariat avec des start-up locales, visent à évaluer la faisabilité technique et l’acceptation sociale de ces nouveaux modes de transport.
La digitalisation des services est également au cœur de la stratégie. L’application « Oùra », qui centralise les informations sur les horaires, les perturbations et les ventes de billets, a enregistré 2,5 millions de téléchargements en 2024. Un système de billettique unique, baptisé « Pass’Région », est en phase de test dans l’Ain et le Rhône. Il permettrait à terme d’utiliser un seul support pour tous les modes de transport (train, bus, tram, vélo en libre-service). « L’objectif est de simplifier le parcours usager et de favoriser l’intermodalité », indique la Région.
## Conclusion
Si les ambitions affichées sont louables, leur concrétisation dépendra de la capacité des acteurs publics et privés à coordonner leurs efforts. Entre les contraintes budgétaires, les défis techniques et l’acceptation par les citoyens, la route vers les transports de demain en Auvergne-Rhône-Alpes reste semée d’embûches. Une chose est sûre : la région, laboratoire d’innovations, devra faire la preuve de sa capacité à transformer l’essai d’ici la fin de la décennie.