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Pouvoir d'achat: les retraites du privé vont-elles augmenter ?

Economie · · Par Julie MOREAU

Pouvoir d'achat: les retraites du privé vont-elles augmenter ?

## Pouvoir d'achat : les retraites du privé vont-elles augmenter ? La question revient chaque automne, au moment où le gouvernement boucle son budget. Les retra

## Pouvoir d'achat : les retraites du privé vont-elles augmenter ? La question revient chaque automne, au moment où le gouvernement boucle son budget. Les retraités du secteur privé, qui perçoivent une pension de l'Assurance retraite et des régimes complémentaires Agirc-Arrco, attendent de savoir si leur pouvoir d'achat sera préservé en 2026. Selon les informations relayées par BFM Business, le dossier de la revalorisation des pensions s'annonce tendu, sur fond de débat budgétaire et de désaccord politique sur la méthode. ## Le mécanisme de revalorisation en question Pour comprendre l'enjeu, il faut rappeler comment fonctionne la revalorisation. Chaque année, les pensions de base sont en principe indexées sur l'inflation, ce qui permet de maintenir le pouvoir d'achat des retraités. Mais ce principe connaît des exceptions : le gouvernement peut décider d'une sous-indexation, c'est-à-dire d'une hausse inférieure à la hausse des prix, pour réaliser des économies. C'est précisément ce scénario que redoutent les représentants des retraités, alors que l'exécutif cherche des marges de manœuvre pour réduire le déficit public. La désindexation, totale ou partielle, reviendrait mécaniquement à faire baisser la pension réelle des intéressés. ## Un débat politique clivé Sur le plateau des *Experts* de BFM Business, comme dans les hémicycles, les positions s'opposent frontalement. Le député RN de la Somme Jean-Philippe Tanguy a jugé « inacceptable » toute désindexation des pensions de retraite, tout en rappelant que l'âge maximal de départ resterait fixé à « 67 ans, ça ne bouge pas ». À l'inverse, Gérard Larcher, président LR du Sénat, estime que « nos voisins sont plutôt à 67 ans, donc ça viendra avec le temps », ouvrant la porte à un durcissement progressif des règles. Ces déclarations, recueillies par BFM Business, illustrent l'absence de consensus sur le financement du système. ## Les propositions des uns et des autres Le débat ne se limite pas à la revalorisation. Plusieurs responsables politiques avancent des réformes structurelles. Édouard Philippe a proposé un relèvement de l'âge de départ à 65 ans, une hypothèse qui alimente les discussions depuis la fin septembre. À gauche, Jean-Luc Mélenchon, candidat LFI à la présidentielle, assure de son côté : « Nous ramènerons la retraite à 60 ans. » Entre ces deux bornes, la question du rendement des régimes complémentaires et de la capitalisation revient régulièrement, comme en témoignent les chroniques consacrées au PER ou au rôle des entreprises dans l'épargne retraite. ## Un enjeu de confiance Au-delà des chiffres, c'est la crédibilité du système par répartition qui est en jeu. Les retraités du privé, dont la pension moyenne reste inférieure à celle des fonctionnaires, sont particulièrement exposés à toute décision de sous-indexation. Le député Horizons du Calvados Jérémie Patrier-Leitus a d'ailleurs prévenu : « On n'est pas très loin d'une crise financière », un avertissement qui pèse sur les arbitrages budgétaires à venir. La réponse définitive dépendra donc des choix inscrits dans le prochain projet de loi de finances. Une chose est sûre : pour les retraités du privé, l'incertitude sur leur pouvoir d'achat devrait persister tant que le Parlement n'aura pas tranché.