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« Poutine subit probablement la plus forte pression depuis le début de la guerre » : après ses reculs du printemps, l’armée russe piétine sur le front

Une · · Par Claire BERNARD

« Poutine subit probablement la plus forte pression depuis le début de la guerre » : après ses reculs du printemps, l’armée russe piétine sur le front

Poutine subit probablement la plus forte pression depuis le début de la guerre : après ses reculs du printemps, l’armée russe piétine sur le front Depuis plusie

Poutine subit probablement la plus forte pression depuis le début de la guerre : après ses reculs du printemps, l’armée russe piétine sur le front

Depuis plusieurs mois, la dynamique du conflit ukrainien semble s’être inversée au détriment de Moscou. Selon une analyse détaillée du Center for Strategic and International Studies (CSIS), reprise par Le Figaro le 29 juillet 2026, l’armée russe a enregistré au printemps ses premières pertes nettes mensuelles de territoire depuis août 2024. Pour la première fois depuis l’été 2024, Kiev aurait repris l’initiative, contraignant Vladimir Poutine à faire face à ce que des experts décrivent comme « probablement la plus forte pression depuis le début de la guerre ».

Un printemps ukrainien offensif

D’après les données du CSIS, les forces ukrainiennes auraient repris environ 400 kilomètres carrés entre janvier et la mi-mars 2026. Ces gains ont été concentrés autour des localités d’Oleksandrivka et de Houliaïpole, situées au carrefour stratégique des régions de Donetsk, de Dnipro et de Zaporijjia. Cette poche de reconquête a ensuite servi de tremplin à des contre-attaques étendues sur l’ensemble du front.

L’analyste militaire ukrainien Kostiantyn Machovets, cité par l’Institute for the Study of War (ISW), a confirmé que la dynamique de terrain avait basculé. En avril et mai, les pertes territoriales russes auraient dépassé leurs conquêtes, une première depuis août 2024. Si Moscou a regagné de faibles superficies en juin et juillet, le rapport de force global reste défavorable à l’armée russe, qui piétine dans le Donbass pour des gains minimes.

La Crimée sous pression

Parallèlement à ces avancées terrestres, Kiev aurait intensifié ses opérations visant à étrangler la Crimée. Selon des sources militaires occidentales, l’Ukraine multiplierait les frappes contre les infrastructures logistiques et les bases navales russes dans la péninsule annexée. Cette stratégie, combinée à la reprise de territoires dans le sud, vise à isoler les forces russes et à compromettre leur approvisionnement.

Vladimir Poutine, en tenue militaire devant les caméras du Kremlin le 3 juillet, a remercié ses troupes pour la prise de Kostiantynivka, présentée comme un verrou méridional de la « ceinture de forteresses » du Donbass. Cependant, cet exploit symbolique ne masquerait pas, selon les analystes, une situation bien plus complexe. Moscou occupe toujours près de 118 000 kilomètres carrés, soit un cinquième du territoire ukrainien, Crimée comprise, dont 75 000 ont été conquis depuis février 2022. Mais la capacité de progression russe semblerait désormais limitée.

Une pression inédite sur le Kremlin

Pour les experts du CSIS, la conjonction des reculs au printemps et de l’essoufflement actuel place Vladimir Poutine dans une position délicate. « Il subit probablement la plus forte pression depuis le début de la guerre », résume l’analyse. Les pertes humaines et matérielles, combinées à l’incapacité de maintenir une offensive soutenue, fragiliseraient le récit d’une victoire inéluctable diffusé par le Kremlin.

Les implications de ce retournement de dynamique pourraient être significatives. Alors que Kiev semble avoir retrouvé une capacité de manœuvre, l’issue du conflit demeure incertaine. La capacité de l’Ukraine à consolider ses gains et à maintenir la pression sur la Crimée, tout en gérant ses propres ressources, constituera un facteur clé dans les mois à venir. De son côté, Moscou pourrait être contraint de revoir sa stratégie militaire, tandis que les Occidentaux observent avec attention l’évolution des rapports de force sur le terrain.