Onyx Infos

Pourquoi le risque de traumatismes crâniens est plus élevé chez les conducteurs de trottinettes électriques que chez les motards ?

Une · · Par Claire BERNARD

Pourquoi le risque de traumatismes crâniens est plus élevé chez les conducteurs de trottinettes électriques que chez les motards ?

Les accidents impliquant des trottinettes électriques provoquent proportionnellement plus de traumatismes crâniens que ceux impliquant des deux-roues motorisés,

Les accidents impliquant des trottinettes électriques provoquent proportionnellement plus de traumatismes crâniens que ceux impliquant des deux-roues motorisés, selon une étude de grande ampleur dont les résultats ont été rapportés par *Le Figaro*. Cette publication, inédite par son échelle, établit pour la première fois une cartographie précise des blessures spécifiques à ces engins, mettant en évidence une hausse significative des lésions à la tête, mais également des traumatismes internes et des hémorragies. ## Une vulnérabilité structurelle propre aux trottinettes La différence de risque entre trottinettes électriques et motos s'expliquerait d'abord par des facteurs mécaniques et posturaux. Selon les éléments rapportés par le quotidien, la position verticale du conducteur sur une trottinette, combinée à la faible hauteur de l'engin, favoriserait une projection de la tête vers l'avant en cas de collision ou de chute. Contrairement au motard, qui bénéficie d'une posture fléchie et d'équipements de protection souvent plus complets, l'utilisateur de trottinette se trouve dans une configuration où le crâne est directement exposé à l'impact. Les données recueillies indiquent également que la vitesse atteinte par ces appareils, bien que généralement inférieure à celle d'une moto, n'en demeure pas moins suffisante pour générer des forces d'impact considérables au niveau de la boîte crânienne. Par ailleurs, l'étude souligne que le port du casque, bien que recommandé, reste nettement moins répandu chez les conducteurs de trottinettes que chez les motocyclistes, pour qui il est obligatoire depuis plusieurs décennies. Cette différence de pratique contribuerait directement à l'écart constaté dans la fréquence et la gravité des traumatismes crâniens. ## Des lésions internes et des hémorragies en hausse Au-delà des seuls traumatismes crâniens, les chercheurs ayant conduit cette enquête ont observé une augmentation notable des lésions internes et des hémorragies chez les victimes d'accidents de trottinette. D'après les informations relayées par *Le Figaro*, ces blessures résulteraient notamment de l'absence de carénage et de protection périphérique autour du conducteur. Là où un motard est partiellement protégé par la structure de sa machine, l'utilisateur de trottinette se retrouve entièrement exposé aux chocs directs contre les obstacles, les véhicules ou le sol. Les organes internes, en particulier la rate, le foie et les reins, seraient fréquemment touchés lors de chutes à vitesse modérée, du fait de l'impact violent contre le guidon ou le cadre de l'appareil. Les hémorragies internes, parfois silencieuses dans les premières minutes suivant l'accident, constituent un danger particulier pour les secouristes et les équipes médicales. Leur détection tardive pourrait aggraver le pronostic vital des blessés, d'autant plus que les conducteurs de trottinettes, souvent jeunes et en bonne santé apparente, tendent à sous-évaluer la gravité de leurs blessures. ## Un enjeu de santé publique émergent Cette étude intervient dans un contexte de démocratisation rapide des trottinettes électriques en milieu urbain, notamment à Paris, Lyon et Marseille. Les implications pour les politiques de sécurité routière semblent considérables. Les autorités sanitaires pourraient être amenées à renforcer les campagnes de prévention sur le port du casque, voire à envisager une évolution réglementaire. Certains experts plaident également pour une standardisation des équipements de protection, à l'image de ce qui a été fait historiquement pour les deux-roues motorisés. Toutefois, les données disponibles ne permettent pas encore d'établir une corrélation définitive entre tous les facteurs évoqués. Des études complémentaires seraient nécessaires pour affiner la compréhension des mécanismes exacts de ces blessures et pour évaluer l'efficacité des mesures de prévention qui pourraient être déployées. La question de l'évolution des infrastructures urbaines, notamment des pistes cyclables et des zones de circulation partagée, demeure également centrale dans la réduction de ces risques.