«Pourquoi ce qui est bon à Mayotte ne le serait pas pour l’Hexagone ?» : Bruno Retailleau plaide pour la fin du droit du sol

Invité mardi soir sur CNews et Europe 1, le candidat LR à la présidentielle Bruno Retailleau a plaidé pour « renoncer au droit du sol » dans l’Hexagone, s’appuy
Invité mardi soir sur CNews et Europe 1, le candidat LR à la présidentielle Bruno Retailleau a plaidé pour « renoncer au droit du sol » dans l’Hexagone, s’appuyant sur l’exemple de Mayotte pour justifier une réforme d’ampleur. Selon des informations rapportées par Le Figaro, le sénateur vendéen a pris « l’engagement » que, en cas de victoire en 2027, « les Français définiront enfin la politique migratoire », quitte à susciter des tensions avec les juges constitutionnels.
## Une proposition qui s’appuie sur le précédent mahorais
Bruno Retailleau a étayé son argumentation en citant le cas de Mayotte, où, depuis mai 2025, l’accès à la nationalité par le droit du sol est soumis à une condition de résidence régulière et ininterrompue des deux parents sur le territoire français depuis plus d’un an au moment de la naissance. « On a fait l’abrogation du droit du sol à Mayotte, pourquoi ce qui est bon à Mayotte ne le serait pas sur le sol national ? », aurait-il lancé, selon les propos rapportés par le quotidien. Cette référence à l’archipel de l’océan Indien n’est pas anodine : elle s’inscrit dans un contexte où les restrictions migratoires y ont été présentées comme une réponse à une pression démographique et migratoire jugée particulièrement forte.
Le candidat LR semble vouloir capitaliser sur cette mesure déjà appliquée dans ce territoire ultramarin pour légitimer une extension à l’ensemble du pays. Toutefois, cette comparaison pourrait soulever des interrogations, tant les situations démographiques et économiques de Mayotte et de l’Hexagone diffèrent sensiblement. Les partisans d’un maintien du droit du sol pourraient en effet souligner que les spécificités mahoraises — notamment la proximité avec les Comores et des flux migratoires irréguliers massifs — ne se retrouvent pas à l’identique sur le continent.
## Un passage par le référendum pour contourner les obstacles juridiques
La proposition de Bruno Retailleau ne se limite pas à un simple changement législatif. Le sénateur de la Vendée envisage en effet de recourir à la voie référendaire pour faire adopter cette mesure, une stratégie qui pourrait viser à contourner d’éventuelles censures du Conseil constitutionnel. Selon les éléments rapportés par Le Figaro, cette approche traduirait une volonté de donner une légitimité populaire directe à une réforme jugée sensible, tout en plaçant les citoyens au cœur de la décision. Le candidat LR assume ainsi pleinement la dimension politique de son projet, estimant que la question migratoire relève d’un choix de société fondamental qui ne saurait être laissé aux seules mains des institutions.
Cette initiative intervient dans un climat politique déjà tendu, alors que la campagne présidentielle de 2027 commence à structurer les débats. La proposition de Bruno Retailleau s’inscrit dans une ligne politique qu’il défend depuis plusieurs mois, marquée par une volonté de durcissement des conditions d’accès à la nationalité française. Les réactions n’ont d’ailleurs pas tardé, tant au sein de la classe politique que parmi les juristes, certains s’interrogeant sur la compatibilité d’une telle réforme avec les engagements internationaux de la France et les principes fondamentaux de son droit.
## Des implications juridiques et politiques potentiellement majeures
Si cette mesure devait aboutir, elle marquerait une rupture historique avec un principe établi depuis des décennies dans le droit français. Le droit du sol, qui permet à toute personne née sur le territoire français de parents étrangers d’acquérir la nationalité sous certaines conditions, est en effet considéré par de nombreux juristes comme un pilier du modèle républicain d’intégration. Une remise en cause de ce principe par voie référendaire pourrait ouvrir un chantier constitutionnel complexe, dont les contours restent encore flous à ce stade.
Par ailleurs, cette annonce relance le débat sur la place du référendum dans la vie politique française, un outil que Bruno Retailleau semble vouloir utiliser de manière plus systématique sur les questions de société. Les observateurs notent que cette stratégie présente un double avantage électoral : elle mobilise un électorat sensible aux questions migratoires tout en offrant une tribune médiatique importante au candidat LR. Toutefois, les modalités pratiques d’un tel référendum — notamment son périmètre exact et le calendrier envisagé — n’ont pas été précisées à ce stade, laissant planer une part d’incertitude sur la faisabilité réelle du projet.
La proposition de Bruno Retailleau intervient dans un contexte où les questions migratoires occupent une place croissante dans le débat public, comme en témoignent les récentes discussions parlementaires sur le sujet. Les prochains mois pourraient s’avérer décisifs pour mesurer l’écho de cette proposition dans l’opinion et au sein des autres formations politiques, alors que la campagne présidentielle s’annonce particulièrement disputée.