Pour soutenir les agriculteurs face à la sécheresse, les distributeurs vont faire preuve de tolérance sur les calibres et aspects des fruits et légumes et donner la priorité au made in France

La sécheresse exceptionnelle qui frappe la France métropolitaine pousse la grande distribution à revoir ses critères d'achat. La Fédération du commerce et de la
La sécheresse exceptionnelle qui frappe la France métropolitaine pousse la grande distribution à revoir ses critères d'achat. La Fédération du commerce et de la distribution (FCD), qui regroupe les principales enseignes du pays, a annoncé mardi un assouplissement des conditions d'agréage pour les fruits et légumes, accompagné d'une priorité renforcée accordée aux productions d'origine française. Objectif affiché : soutenir les agriculteurs confrontés à des récoltes affectées par le manque d'eau.
## Une tolérance accrue sur les calibres et l'aspect des produits
La FCD, qui représente des enseignes telles que Leclerc, Carrefour, Auchan, Coopérative U, Intermarché, Casino ou encore le Groupement Les Mousquetaires, s'engage à "adapter les pratiques aux réalités du terrain". Dans un communiqué, la fédération précise vouloir "préserver une approche pragmatique concernant les conditions d'agréage et d'acceptation des produits (calibres, aspects...)". Concrètement, les distributeurs accepteront des fruits et légumes dont l'apparence ou la taille ne correspondent pas aux standards habituels, une conséquence directe du stress hydrique subi par les cultures. Cette mesure vise à éviter que des productions parfaitement consommables ne soient refusées en raison de critères esthétiques devenus inadaptés aux circonstances climatiques.
## L'origine France érigée en priorité commerciale
Au-delà de la tolérance sur les calibres, la fédération annonce vouloir "faire de l'origine France une priorité assumée". Concrètement, les enseignes s'engagent à "privilégier les productions françaises lorsqu'elles sont disponibles, afin de soutenir l'activité agricole sur l'ensemble du territoire". Cette orientation stratégique, bien que déjà pratiquée par la plupart des distributeurs, prend une dimension particulière dans le contexte actuel. La FCD indique également vouloir "maintenir un dialogue permanent avec les producteurs et leurs représentants, pour identifier rapidement les difficultés rencontrées et construire des réponses adaptées". Cette annonce intervient alors que la sécheresse affecte de nombreuses régions agricoles, avec des impacts variables selon les filières et les territoires.
## Des mesures déjà engagées par certaines enseignes
Cette décision de la FCD formalise des initiatives déjà prises individuellement par plusieurs groupes. La semaine dernière, Carrefour et Coopérative U avaient séparément annoncé des mesures de soutien à la filière agricole. Dans un communiqué publié vendredi, le groupe Carrefour a dévoilé un "plan d'urgence" destiné à "faciliter l'écoulement des productions endommagées par la sécheresse". Ces annonces successives témoignent d'une prise de conscience collective au sein du secteur de la distribution, confronté à la nécessité d'adapter ses pratiques commerciales aux réalités du terrain. Les modalités précises de mise en œuvre de ces engagements, notamment en termes de délais et de périmètre géographique, restent toutefois à préciser. La FCD indique que les enseignes "ont adapté leurs pratiques dès les premiers impacts constatés", suggérant que des mesures concrètes sont d'ores et déjà opérationnelles dans les points de vente.
## Un enjeu de survie pour certaines exploitations
Cette évolution des pratiques commerciales intervient dans un contexte particulièrement tendu pour le monde agricole. Les producteurs de fruits et légumes, parmi les plus exposés aux aléas climatiques, voient leurs rendements affectés par la sécheresse. L'acceptation de produits aux calibres réduits ou aux aspects moins conformes pourrait permettre d'écouler des récoltes qui, sans cette mesure, risqueraient de rester invendues. Pour de nombreuses exploitations, l'enjeu est double : maintenir des revenus face à des volumes en baisse, mais aussi éviter le gaspillage de productions qui demeurent propres à la consommation. Les distributeurs, de leur côté, s'efforcent de concilier cette solidarité affichée avec les contraintes commerciales qui restent les leurs, notamment en matière de prix et de rotation des stocks. La pérennité de ces mesures dépendra de l'évolution des conditions climatiques dans les prochaines semaines.