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Pour "renforcer sa position budgétaire et financière", l'Argentine va offrir la citoyenneté aux étrangers qui y investissent au moins 310.000 euros

Economie · · Par Julie MOREAU

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L'Argentine a annoncé vendredi 2 octobre un programme inédit destiné à attirer les capitaux étrangers : la citoyenneté sera accordée aux investisseurs prêts à v

L'Argentine a annoncé vendredi 2 octobre un programme inédit destiné à attirer les capitaux étrangers : la citoyenneté sera accordée aux investisseurs prêts à verser au moins 350 000 dollars, soit environ 310 000 euros, dans les caisses de l'État. Le dispositif, qui ne sera opérationnel qu'à la fin de l'année 2026, s'inscrit dans une stratégie assumée de redressement budgétaire menée par le gouvernement du président ultralibéral Javier Milei. ## Deux voies d'accès à la nationalité argentine Selon le communiqué officiel relayé par BFM Business, le gouvernement propose « deux mécanismes simples et transparents ». Le premier consiste à effectuer une contribution directe et non remboursable au Trésor national de 350 000 dollars. Le second, plus onéreux, prévoit la souscription à un titre public de 800 000 dollars, créé spécifiquement pour l'occasion. Cette architecture à deux vitesses vise, selon l'exécutif, à capter des profils d'investisseurs variés tout en alimentant directement les finances publiques. Le plan ne s'arrête pas aux seuls demandeurs principaux. Il étend le bénéfice de la citoyenneté aux conjoints et aux enfants, en échange d'une contribution supplémentaire de 100 000 dollars au Trésor national, ramenée à 25 000 dollars pour les mineurs de moins de 18 ans. Un barème dégressif qui pourrait peser dans les arbitrages des familles fortunées cherchant une seconde nationalité. ## Un contexte économique contrasté Cette annonce intervient dans un climat paradoxal. Malgré les réformes libérales engagées depuis 2023, l'investissement étranger direct en Argentine s'est révélé, en 2025, le plus faible parmi les principales économies d'Amérique latine, selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Un indicateur qui souligne les difficultés persistantes du pays à convertir sa stabilité macroéconomique retrouvée en flux de capitaux durables. Le gouvernement entend précisément corriger cette tendance. « Les ressources obtenues seront destinées à continuer de renforcer la position budgétaire et financière de la République argentine », précise le communiqué officiel. La mesure complète par ailleurs la levée des restrictions aux achats de terres par les étrangers, décidée par Javier Milei en 2023 — une décision qui avait suscité de vives contestations dans le pays. ## Transparence et conformité internationale Conscient des risques de blanchiment, l'exécutif met en avant un « processus d'évaluation rigoureux » garantissant « la traçabilité des fonds, la prévention du blanchiment de capitaux et la sécurité nationale ». Le ministère de l'Économie a précisé sur le réseau social X que le dispositif respecterait les recommandations de l'OCDE et du GAFI, le Groupe d'action financière internationale du G7. Le ministre compétent, Luis Caputo, a lui aussi insisté sur X : l'initiative garantit « transparence financière et gestion des risques ». Reste à savoir si ces assurances suffiront à convaincre les investisseurs étrangers, dans un pays dont l'historique en matière de stabilité financière demeure scruté de près par les marchés internationaux. Le programme, qui ne verra le jour qu'à l'horizon 2026, devra encore franchir plusieurs étapes législatives et réglementaires. Son succès dépendra largement de la capacité de Buenos Aires à rassurer sur la pérennité des règles qu'elle entend mettre en place.