"Pour lui, une femme qui ne veut pas coucher, c’est inadmissible" : l’étau se resserre sur le gourou du polyamour accusé de viols

## L'étau se resserre autour du gourou du polyamour jugé en appel dans l'Aude La cour d'assises d'appel de l'Aude examine depuis plusieurs jours le dossier de J
## L'étau se resserre autour du gourou du polyamour jugé en appel dans l'Aude
La cour d'assises d'appel de l'Aude examine depuis plusieurs jours le dossier de Jorge Martins Correia, fondateur de la communauté dite de l'Athanor, créée à Montpellier, poursuivi pour viols et agressions sexuelles. Selon les informations rapportées par Midi Libre, l'homme, présenté comme un « gourou du polyamour », comparaît une nouvelle fois après un premier jugement, dans un contexte où plusieurs victimes présumées ont accepté de témoigner à la barre.
## Une communauté fondée sur un discours de liberté sexuelle
L'affaire remonte à la création, à Montpellier, de l'Athanor, une structure communautaire que son fondateur présentait comme un espace d'expérimentation relationnelle fondé sur le polyamour. Selon les éléments relayés par Midi Libre, Jorge Martins Correia y imposait en réalité un cadre strict, dans lequel le consentement des femmes aurait été systématiquement nié. Une phrase attribuée au mis en cause résume, selon le quotidien régional, la logique qui lui est reprochée : « Pour lui, une femme qui ne veut pas coucher, c'est inadmissible. » Cette déclaration, rapportée au cours des débats, constituerait l'un des éléments centraux de l'accusation.
## Un procès en appel aux enjeux multiples
Le procès qui se tient devant la cour d'assises d'appel de l'Aude intervient après une première condamnation, dont les contours n'ont pas été précisés dans les éléments transmis. La tenue d'un second procès témoigne, en effet, de la complexité du dossier, tant sur le plan juridique que sur celui de la qualification des faits. Les viols et agressions sexuelles reprochés se seraient déroulés au sein d'un groupe fermé, ce qui pourrait avoir contribué à retarder les signalements et à brouiller la frontière entre emprise psychologique et contrainte physique. D'après des sources judiciaires citées par la presse locale, plusieurs victimes présumées auraient décrit un fonctionnement sectaire, marqué par une pression constante et une remise en cause permanente de leur refus.
## Le phénomène des communautés dites « polyamoureuses » sous scrutiny
Au-delà du cas individuel, cette affaire illustre une problématique plus large : celle des communautés se réclamant du polyamour ou de la liberté sexuelle, dans lesquelles des dérives peuvent survenir lorsque la parole d'un fondateur n'est plus contrebalancée par aucune instance de contrôle. Selon des associations d'aide aux victimes, ces structures, souvent discrètes, peuvent reproduire des mécanismes d'emprise comparables à ceux observés dans certains mouvements sectaires. La Miviludes, mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, a d'ailleurs été amenée par le passé à s'intéresser à des groupes se présentant comme des lieux d'émancipation relationnelle. Toutefois, aucune donnée chiffrée ne permet, à ce stade, d'établir une prévalence de ces situations à l'échelle nationale.
## Une décision attendue
L'issue de ce procès en appel pourrait avoir des conséquences importantes, tant pour les parties civiles que pour la jurisprudence en matière de viols commis au sein de groupes à forte emprise. Selon plusieurs observateurs du monde judiciaire, la cour devra notamment se prononcer sur la manière dont le consentement peut être apprécié lorsque la victime évolue dans un environnement où le refus est présenté comme une anomalie. Le verdict, qui devrait être rendu dans les prochains jours, sera suivi avec attention par les associations de défense des victimes de violences sexuelles, qui y voient un possible précédent dans le traitement judiciaire des dérives communautaires.