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Pour limiter les risques d’ingérence étrangère, Matignon veut convaincre les banques françaises de financer la campagne présidentielle du RN (aucune ne veut s’y aventurer pour le moment)

Economie · · Par Julie MOREAU

Pour limiter les risques d’ingérence étrangère, Matignon veut convaincre les banques françaises de financer la campagne présidentielle du RN (aucune ne veut s’y aventurer pour le moment)

# Financement présidentiel : Matignon cherche une solution bancaire pour le RN face au risque d'ingérence étrangère Face à la persistance des difficultés de fin

# Financement présidentiel : Matignon cherche une solution bancaire pour le RN face au risque d'ingérence étrangère Face à la persistance des difficultés de financement du Rassemblement national pour ses campagnes électorales, et dans un contexte de "montée des ingérences étrangères", le gouvernement explore une piste inédite : un dispositif de garantie d'État pour couvrir les risques de non-recouvrement des prêts bancaires accordés aux candidats à l'élection présidentielle. Une réunion a été organisée la semaine dernière à Matignon entre le cabinet du Premier ministre et les représentants des principales banques françaises, mais aucune d'entre elles ne s'est pour l'instant engagée à financer la campagne de Marine Le Pen. ## Un constat partagé : le risque d'ingérence étrangère "Pour garantir le bon déroulement de la campagne et de ses enjeux démocratiques, il est essentiel que tous les candidats, quel que soit leur bord politique, puissent accéder à des financements français pour financer leur campagne", ont fait valoir jeudi les services du Premier ministre Sébastien Lecornu, selon des informations rapportées par BFM Business. L'objectif affiché est qu'il n'y ait "pas de mainmise de l'étranger" sur la campagne électorale, dans un contexte où la "montée des ingérences étrangères" est qualifiée de "menace directe pour le fonctionnement des démocraties". Le Rassemblement national, qui peine régulièrement à obtenir des prêts auprès des banques françaises, s'est tourné par le passé vers des financements étrangers, notamment auprès de banques russes et hongroises. En 2014, le parti avait contracté un prêt de 9 millions d'euros auprès de la First Czech Russian Bank, puis un autre de 11 millions d'euros auprès d'une banque hongroise proche du gouvernement de Viktor Orbán. Ces précédents alimentent les craintes d'une dépendance financière vis-à-vis de puissances étrangères. ## Le dispositif envisagé : une garantie d'État partagée Lors d'une réunion la semaine dernière rue de Varenne, entre le cabinet du Premier ministre et des représentants des principales banques françaises, une piste a été évoquée qui consisterait en "un accord entre plusieurs banques, dans le cadre duquel l'État pourrait couvrir une partie du risque de non-recouvrement", précise-t-on de source gouvernementale. Ce mécanisme viserait à rassurer les établissements bancaires, qui redoutent de ne pas être remboursés en cas d'échec électoral ou de difficultés financières du parti emprunteur. L'objectif de la rencontre était de "dialoguer sur les voies et moyens" pour permettre à "tous" les candidats d'obtenir un prêt bancaire français pour financer leur campagne. Mais aucune discussion n'a été engagée avec les partis politiques et "aucun échange entre Matignon et le RN n'a eu lieu sur le sujet", selon les mêmes sources. ## Les banques françaises toujours réticentes Malgré cette initiative gouvernementale, les banques françaises restent pour l'heure très réservées. Plusieurs d'entre elles, contactées par BFM Business, n'ont pas souhaité s'exprimer officiellement. En coulisses, les établissements bancaires évoquent plusieurs obstacles : le risque de réputation lié à un financement du RN, l'incertitude sur le remboursement effectif des prêts, mais aussi la faiblesse des garanties que le parti peut présenter. Le Rassemblement national, qui a remboursé ses précédents emprunts auprès de banques étrangères, dispose désormais d'une trésorerie plus saine, mais ses dirigeants restent prudents. Marine Le Pen, candidate à la présidentielle de 2027, a déjà évoqué publiquement les difficultés de financement de son parti, sans toutefois entrer dans le détail des négociations en cours. ## Un enjeu démocratique et financier Cette recherche d'une solution bancaire française intervient dans un contexte politique tendu, où les accusations d'ingérence étrangère se multiplient. La France a renforcé ses dispositifs de surveillance des financements étrangers, avec la création d'une task force dédiée au sein de la Direction générale du Trésor. Mais le dossier du financement du RN reste un point sensible, tant sur le plan politique que juridique. Si le gouvernement semble vouloir éviter que le parti d'extrême droite ne se tourne à nouveau vers des sources de financement étrangères, il doit aussi composer avec les réticences du secteur bancaire. La solution d'une garantie d'État, si elle était retenue, pourrait ouvrir la voie à un précédent qui suscite déjà des débats au sein de la classe politique et des milieux financiers.