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Pour des équipements de pointe destinés à guider des bombes ou des avions: Safran va investir 120 millions d'euros dans son usine de Montluçon et va créer 150 emplois

Economie · · Par Julie MOREAU

Pour des équipements de pointe destinés à guider des bombes ou des avions: Safran va investir 120 millions d'euros dans son usine de Montluçon et va créer 150 emplois

Safran injecte 120 millions d’euros à Montluçon et triple la production de ses équipements de guidage de précision Le motoriste et équipementier aéronautique Sa

Safran injecte 120 millions d’euros à Montluçon et triple la production de ses équipements de guidage de précision

Le motoriste et équipementier aéronautique Safran accélère sa montée en cadence dans le domaine de la défense. Le groupe a annoncé un investissement de 120 millions d’euros sur son site de Montluçon (Allier), dédié à la fabrication de systèmes de guidage de haute technologie pour bombes, avions et navires. Cette enveloppe, révélée dans un entretien du directeur général Olivier Andriès à La Tribune Dimanche, s’accompagne de la création de "plus de 150 emplois". L’objectif est de répondre à une demande explosive, portée par les conflits contemporains et les besoins de souveraineté nationale.

Un site stratégique pour la dissuasion et l’export

L’usine de Montluçon abrite la branche défense de Safran, spécialisée dans les équipements de pointe. On y fabrique notamment l’AASM (Armement Air-Sol Modulaire), un kit de guidage et de propulsion qui transforme une bombe classique en munition de précision, ainsi que des gyroscopes à résonance hémisphérique (GRH). Ces capteurs inertiels, sans connexion satellitaire ni GPS, assurent un guidage infaillible même en cas de brouillage électronique. "Nos technologies ont été retenues pour tous les éléments de la dissuasion française, mais également les canons Caesar, des navires de guerre, des véhicules terrestres et aussi notre bombe guidée, l’AASM (Hammer)", a souligné Olivier Andriès. Le site est donc un maillon essentiel de la chaîne industrielle de défense française.

Triplement de la production et explosion des cadences

Face à l’envolée des commandes, Safran prévoit un bond quantitatif significatif. "Nous allons passer d’une production de 10.000 GRH par an à 30.000, triplant ainsi notre production d’ici 2032", a détaillé le dirigeant. Parallèlement, la cadence de l’AASM a déjà été multipliée par six depuis l’invasion de l’Ukraine, passant de 200 unités produites par an en 2022 à 1.400 prévues cette année. L’investissement de 120 millions d’euros vise à financer de nouvelles lignes de production, des équipements automatisés et l’extension des bâtiments existants. "Nous annonçons un investissement de 120 millions d’euros pour augmenter nos capacités dans notre usine de Montluçon", a confirmé Olivier Andriès, précisant que les 150 nouveaux postes couvriront des métiers d’ingénieurs, techniciens et opérateurs spécialisés.

Un enjeu de souveraineté industrielle

Cet investissement s’inscrit dans un contexte de réarmement européen et de tensions géopolitiques accrues. La guerre en Ukraine a démontré l’importance cruciale des munitions guidées de précision et des systèmes de navigation autonomes. En misant sur Montluçon, Safran renforce la souveraineté française en matière de composants critiques, souvent dépendants de fournisseurs étrangers. Le groupe mise également sur l’export, l’AASM équipant déjà les avions de combat Rafale et étant en cours d’intégration sur d’autres plateformes. Avec ce plan, Safran prépare l’avenir de la défense européenne tout en ancrant une partie de sa production dans le territoire bourbonnais.