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Pour "comprendre la nature humaine" ou "résoudre une énigme"… mais pourquoi les affaires criminelles nous passionnent elles autant ?

Une · · Par Claire BERNARD

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# Pour "comprendre la nature humaine" ou "résoudre une énigme"… mais pourquoi les affaires criminelles nous passionnent-elles autant ? Des affaires comme celles

# Pour "comprendre la nature humaine" ou "résoudre une énigme"… mais pourquoi les affaires criminelles nous passionnent-elles autant ? Des affaires comme celles de la disparition de Delphine Jubillar, du meurtre non élucidé du petit Grégory Villemin ou encore la tuerie de Chevaline continuent de susciter un intérêt médiatique et public considérable, parfois des années après les faits. Selon un article de *Midi Libre*, cette fascination pour le crime ne cesse de croître, portée par l'essor du *true crime* sur les plateformes de streaming et les réseaux sociaux, interrogeant psychologues et criminologues sur les ressorts profonds de cet attrait. ## Un besoin de comprendre l'incompréhensible ### La quête de sens face à la violence Pour les spécialistes interrogés par *Midi Libre*, l'attrait pour les affaires criminelles répondrait d'abord à un besoin anthropologique fondamental : celui de donner un sens à l'absurde. Face à un acte violent jugé irrationnel, le public chercherait à reconstituer la mécanique qui a pu conduire un individu à commettre l'irréparable. Cette démarche permettrait de "domestiquer" l'angoisse suscitée par la violence, en la rationalisant à travers le récit et l'analyse des faits. Comme le souligne l'article, l'objectif serait moins le morbide que la compréhension des rouages de la nature humaine dans ses moments les plus sombres. ### La résolution d'une énigme comme moteur Par ailleurs, l'affaire criminelle se présente souvent comme une enquête à ciel ouvert, un puzzle dont il faut assembler les pièces. Selon des observations rapportées par *Midi Libre*, le public serait animé par une forme de curiosité intellectuelle proche de celle du détective : identifier le coupable, comprendre le mobile, reconstituer la chronologie des événements. Cette dimension ludique et cérébrale expliquerait le succès des documentaires et des podcasts qui adoptent une structure narrative proche du polar, transformant le spectateur en enquêteur amateur. ## L'essor du *true crime* et ses implications ### Une industrie en pleine expansion L'article de *Midi Libre* rappelle que le *true crime* est devenu un véritable phénomène culturel et économique. Des séries documentaires sur Netflix aux chaînes YouTube spécialisées, en passant par les podcasts qui décortiquent des affaires classées, l'offre est pléthorique. Cette médiatisation massive aurait pour effet de normaliser la consommation de contenus criminels, la rendant plus acceptable socialement. Selon des sources citées, cette omniprésence pourrait également contribuer à une forme de banalisation de la violence, bien que les créateurs de contenu défendent souvent une approche pédagogique et mémorielle. ### Un miroir des angoisses contemporaines Les affaires qui captivent le plus le public ne seraient pas choisies au hasard. Comme le suggère l'analyse de *Midi Libre*, elles cristalliseraient souvent des angoisses collectives : la peur de l'étranger (affaire Chevaline), la vulnérabilité des enfants (affaire Grégory), ou encore les failles du système judiciaire. En s'intéressant à ces dossiers, le public chercherait peut-être à se rassurer sur sa propre sécurité, en identifiant des signaux d'alerte ou en validant sa confiance — ou sa défiance — envers les institutions. ## Des limites éthiques à interroger ### Le risque de voyeurisme Toutefois, les psychologues interrogés par *Midi Libre* mettent en garde contre une dérive possible : celle du voyeurisme pur. Lorsque la frontière entre information et spectacle s'estompe, la souffrance des victimes et de leurs proches risque d'être instrumentalisée. L'article souligne que certains contenus, en insistant sur les détails les plus sordides, pourraient franchir une ligne rouge éthique. La passion pour le crime ne devrait pas faire oublier qu'il s'agit d'abord de tragédies humaines, avec des conséquences bien réelles pour les familles endeuillées. ### Une fascination qui interroge notre rapport à la justice Enfin, cette passion pour les affaires criminelles pourrait refléter une aspiration plus large à la justice. Dans des dossiers non résolus comme celui du petit Grégory, le public s'investit parfois comme une forme de "juré populaire" virtuel, exigeant des réponses que la justice officielle peine à fournir. Selon *Midi Libre*, cet engouement traduirait une certaine méfiance envers les institutions, mais aussi un désir collectif de voir le mal puni et la vérité rétablie — une quête qui, bien que légitime, mérite d'être accompagnée d'une réflexion sur ses implications éthiques et sociales.