Pour 56% des citoyens, l’Union européenne est «en danger», selon une étude de l’ECFR

La Commission européenne s’apprête à entendre, mercredi 16 septembre à Strasbourg, le discours annuel sur l’état de l’Union prononcé par sa présidente, Ursula v
La Commission européenne s’apprête à entendre, mercredi 16 septembre à Strasbourg, le discours annuel sur l’état de l’Union prononcé par sa présidente, Ursula von der Leyen. À quelques jours de cette échéance, une étude à grande échelle, réalisée par le Conseil européen des relations internationales (ECFR) et la Fondation culturelle européenne (FCE), et dont Le Figaro rapporte les conclusions en exclusivité, dresse un constat préoccupant concernant la perception du projet européen par les citoyens. Selon les données de cette enquête, une majorité significative d’Européens considère que l’Union européenne est « en danger », un sentiment qui traduit une érosion de la confiance et un pessimisme grandissant quant à l’avenir de la construction communautaire.
## Une majorité de citoyens inquiets pour l’avenir de l’UE
L’enquête menée par l’ECFR et la FCE, dont la méthodologie repose sur des sondages réalisés dans six pays membres, révèle que 56 % des personnes interrogées estiment que l’Union européenne est « en danger ». Ce chiffre, rapporté par Le Figaro, contraste avec les enquêtes Eurobaromètre qui, chaque année, mesurent un attachement moyen de 74 % des citoyens à l’Union. Cette apparente contradiction suggère que, si l’adhésion de principe au projet européen demeure forte, la perception de sa trajectoire actuelle est marquée par un profond scepticisme. Les auteurs de l’étude soulignent, selon les éléments publiés, que ce sentiment de danger ne se limite pas à une inquiétude conjoncturelle, mais procéderait d’une analyse plus structurelle de la part des citoyens, qui percevraient une fragilité accrue des institutions et des équilibres internes de l’Union.
## Un sentiment de déclin partagé au-delà des frontières
L’étude met également en lumière un sentiment de déclin qui traverserait l’ensemble des États membres sondés, bien que son intensité varie selon les pays. D’après les informations communiquées par Le Figaro, ce diagnostic pessimiste ne serait pas l’apanage des seuls pays historiquement eurosceptiques, mais toucherait également des nations traditionnellement considérées comme les piliers de l’intégration européenne. Cette diffusion géographique du pessimisme pourrait indiquer une perte de repères face aux crises successives — sanitaires, économiques, migratoires — que l’Union a dû affronter ces dernières années. Les citoyens exprimeraient, selon l’étude, une forme de lassitude à l’égard d’une gouvernance européenne perçue comme réactive plutôt que proactive, et peinant à incarner une vision stratégique de long terme.
## Une défiance qui interroge la gouvernance européenne
Les résultats de cette enquête interviennent dans un contexte politique particulier, alors que la présidente de la Commission européenne s’apprête à livrer son diagnostic annuel devant le Parlement. La publication de ces données, quelques jours avant ce rendez-vous institutionnel, pourrait nourrir les débats sur l’orientation politique de l’exécutif européen. Les auteurs de l’étude suggèrent, selon les extraits rapportés, que cette crise de confiance ne saurait être résolue par une simple communication institutionnelle, mais appellerait à une refondation du lien entre les institutions européennes et les citoyens. La question de la capacité de l’Union à garantir sa propre sécurité, tant économique que stratégique, apparaît comme un axe central des préoccupations exprimées.
## Des perspectives contrastées pour le projet européen
L’attachement des Européens à l’Union, mesuré à 74 % en moyenne par les enquêtes Eurobaromètre, pourrait toutefois constituer une base sur laquelle bâtir une réponse à cette défiance. L’étude de l’ECFR et de la FCE, telle que présentée par Le Figaro, ne conclut pas à un rejet du projet européen, mais plutôt à une exigence de renouvellement de ses modalités concrètes. Le discours d’Ursula von der Leyen, prévu le 16 septembre, pourrait ainsi être l’occasion d’esquisser des réponses à ces attentes, sans que l’on sache toutefois si les orientations proposées parviendront à inverser la tendance mesurée par cette enquête. La trajectoire de l’Union européenne dans les prochains mois dépendra, selon toute vraisemblance, de sa capacité à transformer cette perception de danger en opportunité de consolidation démocratique et stratégique.