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Postes de profs non pourvus : 57 % des collèges et lycées concernés dans l’académie selon le Snes-FSU

Une · · Par Claire BERNARD

Postes de profs non pourvus : 57 % des collèges et lycées concernés dans l’académie selon le Snes-FSU

Le mois de septembre s’ouvre sur un constat alarmant pour le système éducatif de l’académie de Montpellier. Selon une enquête flash menée par le syndicat Snes-F

Le mois de septembre s’ouvre sur un constat alarmant pour le système éducatif de l’académie de Montpellier. Selon une enquête flash menée par le syndicat Snes-FSU, 57 % des collèges et lycées de l’académie seraient touchés par des postes d’enseignants non pourvus à la rentrée. Ce chiffre, rapporté par nos confrères de *Midi Libre*, met en lumière une situation que le rectorat conteste partiellement, évoquant des données qu’il considère comme minorées ou partielles. ### Une enquête syndicale qui révèle l’ampleur des "trous" dans les effectifs L’enquête flash du Snes-FSU, principal syndicat du second degré, dresse un état des lieux précis des vacances de postes dans l’académie. Sur l’ensemble des établissements interrogés, plus d’un sur deux déclare compter au moins un professeur absent non remplacé ou un poste vacant non pourvu. Cependant, le syndicat précise que ce taux grimpe à deux tiers des établissements si l’on élargit le périmètre aux autres personnels indispensables au fonctionnement des établissements, notamment les psychologues de l’Éducation nationale, les conseillers principaux d’éducation (CPE) ou encore les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AED). Ces "trous" dans les plannings ne concernent pas uniquement les disciplines scientifiques ou les langues, souvent citées comme zones de tension. Ils touchent également des matières générales, ce qui pourrait indiquer une dégradation plus structurelle de l’attractivité du métier. Selon les remontées syndicales, certaines classes se retrouvent sans enseignant pour des volumes horaires significatifs, obligeant les chefs d’établissement à recourir à des solutions temporaires, comme le remplacement par des personnels non titulaires ou la mise en place de cours en distanciel. ### Le rectorat conteste la méthodologie et avance des chiffres différents Face à ces résultats, le rectorat de l’académie a réagi en minimisant la portée de l’enquête. D’après les services académiques, les données collectées par le syndicat ne refléteraient pas la situation réelle à la date de la rentrée, car elles incluent des postes qui ont pu être pourvus dans les jours suivants grâce aux listes complémentaires du mouvement des professeurs. Le rectorat affirme également que la méthodologie de l’enquête, basée sur des déclarations volontaires des établissements, pourrait surestimer le phénomène en raison d’un biais de participation. Toutefois, les syndicats rappellent que cette enquête n’est pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans une tendance nationale observée depuis plusieurs années, où les concours de recrutement peinent à attirer des candidats. Dans l’académie de Montpellier, le nombre de postes ouverts aux concours externes du CAPES et de l’agrégation n’a pas été intégralement pourvu cette année, un phénomène qui s’était déjà manifesté lors des sessions précédentes. Cette pénurie de candidats qualifiés pousse l’administration à recourir à des contractuels, dont le nombre ne cesse d’augmenter dans la région. ### Des conséquences directes sur les conditions d’apprentissage des élèves Au-delà des chiffres, ce sont les conditions d’apprentissage des élèves qui sont interrogées. Lorsqu’un poste reste vacant plusieurs semaines, les heures de cours non assurées ne sont pas systématiquement récupérées. Selon des témoignages d’enseignants relayés par le Snes-FSU, les élèves des classes concernées subissent des ruptures dans leurs apprentissages, particulièrement préjudiciables dans le cadre de la préparation aux examens nationaux comme le brevet ou le baccalauréat. Par ailleurs, la charge de travail des enseignants en poste s’en trouve alourdie. Les remplacements de courte durée sont souvent assurés par des collègues volontaires, en plus de leur service, ce qui génère une fatigue accrue et un sentiment de surmenage. Les personnels de direction, eux, consacrent une part croissante de leur temps à la recherche de solutions de remplacement, au détriment de leurs missions pédagogiques et éducatives. Cette situation pourrait, à terme, accentuer les inégalités territoriales, les établissements situés dans les zones les moins attractives peinant davantage à pourvoir leurs postes. ### Un dialogue social sous tension avant les échéances budgétaires Cette publication intervient dans un climat de tension entre les syndicats et le ministère de l’Éducation nationale, alors que se préparent les discussions budgétaires pour l’année à venir. Le Snes-FSU dénonce une politique de gestion prévisionnelle des postes qu’il juge inadaptée aux réalités du terrain. Selon le syndicat, les suppressions de postes intervenues ces dernières années dans le second degré, combinées à une baisse d’attractivité salariale, expliqueraient en grande partie ces difficultés de recrutement. Le rectorat, de son côté, assure travailler activement à la réduction de ces vacances de postes et met en avant les mesures nationales récentes, comme les revalorisations indiciaires ou les primes d’attractivité pour certains métiers en tension. Toutefois, ces dispositifs ne semblent pas, à ce stade, avoir inversé la tendance. Les prochaines semaines seront décisives pour observer si les postes vacants identifiés à la rentrée seront finalement pourvus, ou si l’académie devra fonctionner tout l’année avec un déficit structurel d’enseignants, une hypothèse que les syndicats jugent hautement probable au regard des chiffres actuels.