Plusieurs recours déposés contre le projet du plus grand centre de données d'Europe en Seine-et-Marne, un projet à 50 milliards d'euros

## Un projet pharaonique de 50 milliards d'euros contesté en justice Le feuilleton juridique autour du futur plus grand centre de données d'Europe franchit une
## Un projet pharaonique de 50 milliards d'euros contesté en justice
Le feuilleton juridique autour du futur plus grand centre de données d'Europe franchit une nouvelle étape. Fin septembre, six recours ont été déposés devant la cour administrative d'appel de Paris par un collectif d'associations opposées au projet, ont annoncé vendredi les requérants lors d'une conférence de presse à Paris. En jeu : une infrastructure à Fouju, en Seine-et-Marne, dont le budget est estimé à 50 milliards d'euros.
## Un projet aux « caractéristiques hors normes »
Porté par un consortium international réunissant le fonds émirati MGX, la banque publique Bpifrance, la start-up française d'intelligence artificielle Mistral et le géant américain des semi-conducteurs Nvidia, le site affiche des dimensions exceptionnelles. Selon l'avis de la Mission régionale d'autorité environnementale (MRAe), il présente des « caractéristiques hors normes ». Son pic de consommation électrique est estimé à 1,4 gigawatt. Sa consommation annuelle équivaudrait à plus de 2 % de la consommation nationale d'électricité et à plus de 15 % de celle de l'Île-de-France, un niveau qui interpelle les associations environnementales.
## Six recours, un septième imminent
Le détail des procédures a été présenté par l'avocat du collectif, Louis Cofflard. L'un des recours attaque la délibération ayant modifié le Plan local d'urbanisme. Un autre vise l'autorisation délivrée par le préfet à RTE pour le raccordement électrique du site. Les quatre derniers contestent les autorisations environnementales, également accordées par le préfet de Seine-et-Marne. Un septième recours, qualifié d'« imminent » par les requérants, doit porter sur le permis de construire. Parmi les organisations mobilisées figurent France Nature Environnement (FNE), Terre de liens, la Confédération paysanne et les Amis de la Terre.
## Le découpage du projet en question
Au cœur des arguments des opposants figure la structuration juridique du projet. Celui-ci serait découpé en trois blocs distincts, portés par trois sociétés exploitantes différentes. Ce montage permettrait, selon les associations, au porteur du projet de passer sous les seuils réglementaires dits « Seveso seuil haut », qui imposent des obligations de sécurité renforcées. « C'est vraiment très choquant », a déclaré l'avocat du collectif, cité par BFM Business, sans que la partie adverse n'ait publiquement réagi à ce stade.
## Un enjeu industriel et énergétique de premier plan
Au-delà du volet juridique, le dossier illustre la tension croissante entre le développement de l'intelligence artificielle et la souveraineté énergétique. Un centre de données de cette ampleur, présenté comme le plus grand d'Europe, s'inscrit dans une course mondiale aux infrastructures de calcul, portée par des acteurs privés et des États. Les recours déposés devant la juridiction administrative pourraient ralentir significativement le calendrier du chantier, voire remettre en cause certaines autorisations. Les prochaines décisions de la cour administrative d'appel de Paris seront donc scrutées de près par l'ensemble des parties prenantes.