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Plus de trains retardés et annulés et donc de lourds remboursements: l'été caniculaire a coûté cher à la SNCF qui déplore un manque à gagner de 80 millions d'euros malgré une hausse de la fréquentation

Economie · · Par Julie MOREAU

Plus de trains retardés et annulés et donc de lourds remboursements: l'été caniculaire a coûté cher à la SNCF qui déplore un manque à gagner de 80 millions d'euros malgré une hausse de la fréquentation

L'été 2025 restera comme une saison paradoxale pour la SNCF. Si la fréquentation a progressé, les aléas climatiques ont lourdement pesé sur les comptes du group

L'été 2025 restera comme une saison paradoxale pour la SNCF. Si la fréquentation a progressé, les aléas climatiques ont lourdement pesé sur les comptes du groupe ferroviaire, qui affiche un manque à gagner de 80 millions d'euros sur la seule période estivale. Un chiffre qui grimpe à 180 millions d'euros depuis le début de l'année lorsque l'on y ajoute les conséquences des tempêtes hivernales, selon le bilan présenté jeudi par Jean Castex, le patron de la compagnie nationale. ## Une régularité en chute libre Les vagues de canicule qui ont frappé le pays dès le mois de mai, conjuguées aux nombreux incendies survenus dans toute la France, ont mis à rude épreuve les infrastructures et le matériel roulant. Rails, caténaires, systèmes de climatisation : de nombreux voyants sont passés au rouge. La régularité en a directement pâti. En juillet, celle des TGV est tombée à 79%, contre 84% un an plus tôt. Pour les Intercités, la dégringolade est encore plus marquée : 64% de régularité contre 75% en 2025. Si la situation s'est quelque peu redressée en août, le mal était fait. Entre janvier et août, la SNCF a comptabilisé deux fois plus de minutes perdues à cause des aléas climatiques qu'en 2025. ## Des remboursements qui pèsent Les conséquences financières découlent mécaniquement de cette dégradation. Les grands retards, supérieurs à trois heures, ont bondi de 50% sur un an, touchant 164.000 voyageurs TGV et 16.500 clients Intercités. Même si la SNCF souligne que cela concerne moins de 1% du total des voyageurs, Jean Castex lui-même admet que le phénomène est « significatif ». Ces retards ouvrent droit à des remboursements, qui viennent grever les recettes. Les annulations préventives de trains Intercités ont par ailleurs été particulièrement nombreuses : 630 trains supprimés contre 217 en 2025, soit trois fois plus sur un an. Au total, 89% du plan de transport a été assuré, soit 6,3 points de moins qu'un an auparavant. ## Un choix assumé face aux canicules Le groupe ne regrette pourtant pas cette stratégie d'annulations préventives, assumée comme un choix à contre-courant de la culture maison, qui avait historiquement tendance à faire partir les trains coûte que coûte. La SNCF met en avant la sécurité des voyageurs et l'état d'un parc dont certains équipements, comme les climatiseurs des trains Corail des années 1980, ne tiennent plus face à des températures extérieures supérieures aux normes de conception. Jean Castex résume la situation sans détour : un été « hors norme et particulièrement difficile, mais qui a vocation à se banaliser ». ## La question de l'adaptation au climat Le manque à gagner de 80 millions d'euros sur l'été, malgré une fréquentation en hausse, illustre un enjeu de fond pour le transport ferroviaire français. Le dérèglement climatique ne se contente plus d'affecter ponctuellement l'exploitation : il pèse désormais sur les finances et la fiabilité du réseau de manière structurelle. La rénovation du matériel roulant, l'adaptation des voies à des températures extrêmes et la révision des protocoles d'exploitation deviennent des chantiers incontournables. Pour la SNCF, l'équation est délicate : concilier une demande croissante de trains, une exigence de ponctualité et des investissements lourds, dans un contexte où les épisodes caniculaires pourraient, comme l'anticipe son dirigeant, devenir la norme plutôt que l'exception.