Plus radical que la taxe Zucman, ce nouvel impôt de solidarité nationale proposé par Thomas Piketty qui cible les plus riches

## Un impôt de solidarité nationale : la proposition radicale de Thomas Piketty pour taxer les grandes fortunes Invité de BFMTV le jeudi 15 octobre, l'économist
## Un impôt de solidarité nationale : la proposition radicale de Thomas Piketty pour taxer les grandes fortunes
Invité de BFMTV le jeudi 15 octobre, l'économiste Thomas Piketty a plaidé pour le retour d'un « impôt de solidarité nationale », un dispositif inspiré du prélèvement instauré à la Libération en 1945. Selon des informations rapportées par Le Figaro, cette proposition se veut plus ambitieuse que la taxe Zucman, puisqu'elle ciblerait directement les patrimoines les plus élevés tout en alimentant un fonds souverain.
## Un constat économique jugé préoccupant
L'économiste appuie son argumentation sur une comparaison historique. Selon lui, la dette publique française retrouve aujourd'hui des niveaux comparables à ceux observés en 1945, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Parallèlement, les patrimoines privés représenteraient environ 600 % du PIB, contre 300 % à l'époque. « La France n'a jamais été aussi riche, c'est un problème de répartition », a-t-il déclaré, cité par Le Figaro. Cette asymétrie entre endettement public et accumulation privée constituerait, selon l'économiste, le socle d'une situation nécessitant des mesures exceptionnelles pour redresser les comptes du pays.
## Un dispositif plus radical que la taxe Zucman
D'après les éléments rapportés par Le Figaro, le dispositif proposé comprendrait deux volets. Le premier consisterait en une contribution exceptionnelle sur certains patrimoines, dans l'esprit du prélèvement de solidarité nationale instauré après-guerre. Le second prévoirait une taxation annuelle de 10 %, un taux qui dépasserait largement les mécanismes envisagés dans le cadre de la taxe Zucman. Cette dernière, portée par l'économiste Gabriel Zucman, vise principalement les ultra-riches via un impôt sur le patrimoine des milliardaires. La proposition de Thomas Piketty irait donc plus loin, tant dans son assiette que dans son taux.
## Un fonds souverain comme finalité
La finalité affichée de cette contribution exceptionnelle serait l'alimentation d'un fonds souverain. Thomas Piketty avait déjà défendu cette idée dans une tribune publiée dans Le Monde en juin dernier. Ce fonds aurait vocation à financer des investissements publics de long terme, notamment dans les secteurs jugés stratégiques. Le mécanisme s'inspirerait ainsi de précédents historiques où des prélèvements exceptionnels sur les patrimoines ont permis de reconstituer les capacités financières de l'État après des périodes de crise majeure.
## Des implications politiques encore incertaines
Cette proposition intervient dans un contexte budgétaire tendu, où le gouvernement cherche des marges de manœuvre pour contenir la dette publique. Toutefois, l'instauration d'un tel impôt soulèverait nécessairement des questions juridiques et économiques : risque de fuite des capitaux, conformité au droit constitutionnel, articulation avec les dispositifs existants. Par ailleurs, la portée politique d'une telle mesure demeure incertaine, aucun responsable gouvernemental n'ayant pour l'heure évoqué publiquement cette piste.
D'après des sources économiques citées par Le Figaro, le débat sur la fiscalité du patrimoine devrait se poursuivre dans les mois à venir, alors que la question du financement de la dette publique reste au cœur des préoccupations institutionnelles.