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Plus question de démissionner, l'heure est désormais au "jobhugging": près de 7 salariés sur 10 jugent trop risqué de quitter leur emploi tandis que les offres se raréfient et que le chômage menace

Economie · · Par Julie MOREAU

Plus question de démissionner, l'heure est désormais au

## Le "job hugging", nouvelle posture des salariés français face à un marché de l'emploi qui se durcit La grande démission appartient désormais au passé. Selon

## Le "job hugging", nouvelle posture des salariés français face à un marché de l'emploi qui se durcit La grande démission appartient désormais au passé. Selon la dernière édition du baromètre mondial HP Work Relationship Index, relayée par BFM Business, 67 % des salariés français interrogés estiment qu'il serait aujourd'hui trop risqué de quitter leur emploi. Un basculement de comportement que les analystes baptisent désormais "job hugging", comprenez l'art de s'accrocher fermement à son poste. ## Un renversement après la "Grande Démission" Le phénomène marque une rupture nette avec la période post-Covid. Entre 2021 et 2023, la "Grande Démission" avait vu des millions de salariés, notamment aux États-Unis et en Europe, claquer la porte de leur entreprise pour aller voir ailleurs, portés par un marché du travail en pénurie de main-d'œuvre et des salaires en hausse. Le "job hopping", ou zapping professionnel, était alors devenu la norme chez les jeunes actifs. Ce temps semble révolu. L'étude du HP Work Relationship Index, qui interroge des "knowledge workers" — ces professionnels du savoir dont l'activité repose principalement sur les facultés cognitives, relationnelles et communicatives — souligne que "cette prudence traduit un phénomène émergent, celui du job hugging". Autrement dit, les salariés français privilégient aujourd'hui la sécurité de leur poste à l'opportunité d'une mobilité, même valorisante sur le papier. ## La raréfaction des offres comme moteur principal Cette prudence n'est pas irrationnelle. Elle s'appuie sur une dégradation documentée du marché de l'emploi. Selon les données du Hiring Lab d'Indeed, les offres d'emploi publiées sur la plateforme ont reculé de 16,6 % en septembre 2026 sur un an. Une contraction significative, qui traduit un ralentissement des intentions d'embauche dans de nombreux secteurs. L'étude d'Indeed pointe également que "les offres d'emploi restent en baisse, les salaires affichés progressent moins vite que les prix et la part des CDI recule dans plusieurs familles de métiers". Trois signaux convergents : moins de postes à pourvoir, un pouvoir d'achat qui s'érode malgré les augmentations affichées, et une précarisation progressive des contrats proposés. Dans ce contexte, quitter un CDI en poste pour tenter l'aventure relève davantage du pari que de la stratégie de carrière. ## Un climat macroéconomique anxiogène Le retour de l'inflation, la perspective d'une crise financière et une situation internationale incertaine complètent ce tableau. La remontée du chômage, évoquée par plusieurs indicateurs récents, renforce le réflexe de conservation. Pour les salariés, la logique est simple : dans un marché où les recruteurs se font plus rares et plus sélectifs, le risque de se retrouver sans emploi après une démission devient difficilement acceptable. Ce phénomène n'est pas propre à la France. Le "job hugging" s'observe dans plusieurs économies avancées, où la conjoncture s'est retournée après deux années de marché favorable aux candidats. Mais l'ampleur du mouvement hexagonal — près de sept salariés sur dix concernés — témoigne d'une inquiétude particulièrement marquée. ## Quelles conséquences pour les entreprises ? Le "job hugging" présente un double visage. Pour les salariés, il sécurise les parcours et limite les prises de risque. Pour les employeurs, il complique le renouvellement des équipes et peut figer les compétences en interne, faute de renouvellement générationnel ou d'apport externe. Certaines entreprises pourraient aussi voir s'installer une forme de démobilisation chez des collaborateurs restés par défaut plutôt que par choix. Reste à savoir combien de temps durera cette phase. Si le marché de l'emploi se détend durablement, le "job hugging" pourrait n'être qu'une parenthèse conjoncturelle. Mais si la raréfaction des offres et la remontée du chômage se confirment, il pourrait devenir une caractéristique structurelle du rapport au travail des salariés français.