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"Plus on monte haut, plus on descend bas" : Juliette, une jeune Gardoise de 36 ans, raconte sa bipolarité sans tabous

Une · · Par Claire BERNARD

# "Plus on monte haut, plus on descend bas" : Juliette, une jeune Gardoise de 36 ans, raconte sa bipolarité sans tabous Dans le Gard, une voix s'élève pour bris

# "Plus on monte haut, plus on descend bas" : Juliette, une jeune Gardoise de 36 ans, raconte sa bipolarité sans tabous Dans le Gard, une voix s'élève pour briser le silence autour des troubles bipolaires. Juliette, 36 ans, a choisi de témoigner à visage découvert dans les colonnes de *Midi Libre*, livrant un récit intime et sans filtre de sa maladie. Son témoignage intervient dans un contexte où la parole se libère progressivement sur ces pathologies psychiques qui toucheraient, selon les estimations, près de 2,5 % de la population française. ## Un parcours marqué par des cycles imprévisibles Juliette décrit sa bipolarité comme une succession de phases maniaques et dépressives, qu'elle résume par une formule frappante : "Plus on monte haut, plus on descend bas". Selon ses confidences au quotidien régional, les épisodes d'exaltation, durant lesquels elle se sentait capable de tout accomplir, étaient systématiquement suivis de chutes vertigineuses. Ces cycles, d'une intensité variable, ont profondément impacté sa vie personnelle et professionnelle pendant plusieurs années. La jeune femme évoque notamment des périodes durant lesquelles elle pouvait enchaîner plusieurs nuits blanches, portée par une énergie débordante, avant de sombrer dans une léthargie prolongée. Ce contraste radical, difficile à appréhender pour son entourage, a constitué l'un des aspects les plus déstabilisants de sa maladie. ## Un diagnostic tardif mais libérateur Le parcours de Juliette illustre les difficultés rencontrées par de nombreux patients pour obtenir un diagnostic précis. Comme elle le confie à *Midi Libre*, plusieurs années se sont écoulées avant que les médecins ne posent le terme de "bipolarité". Initialement traitée pour une dépression classique, elle a vu ses symptômes mal interprétés, les phases d'excitation étant parfois confondues avec de simples périodes d'optimisme ou de productivité. L'annonce du diagnostic, bien que difficile à accepter, a représenté un tournant décisif. "Comprendre ce qui m'arrivait, c'était déjà commencer à pouvoir agir", explique-t-elle. Cette reconnaissance officielle de sa pathologie lui a permis d'accéder à un traitement adapté et à un suivi spécialisé, éléments essentiels pour stabiliser la maladie. ## L'importance de la parole et des témoignages Le récit de Juliette s'inscrit dans une dynamique plus large de déstigmatisation des troubles psychiques. En parallèle de son témoignage dans *Midi Libre*, le journaliste Nicolas Demorand, longtemps présentateur de la matinale de France Inter, a récemment publié un ouvrage intitulé *Intérieur nuit*, dans lequel il aborde sa propre expérience de la bipolarité. Il a également lancé le podcast "Si besoin", dédié à ces questions. Ces initiatives médiatiques contribuent à normaliser le discours autour de la santé mentale, incitant davantage de personnes à chercher de l'aide sans crainte du jugement. Pour Juliette, raconter son histoire sans tabous relève d'un engagement citoyen : "Si mon témoignage peut aider ne serait-ce qu'une personne à se sentir moins seule ou à oser consulter, alors cela en vaut la peine", confie-t-elle. Si le chemin vers l'acceptation et la gestion de la bipolarité reste semé d'embûches, des témoignages comme celui de Juliette participent à faire reculer l'ignorance et la peur. Dans un pays où la santé mentale demeure un sujet sensible, la parole publique de patients et de figures médiatiques pourrait contribuer à une meilleure prise en charge et à une société plus inclusive.