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«Plus que les kilomètres, ici on compte les morts» : sur le front de Zaporijjia l’armée ukrainienne se bat pour reprendre l’avantage

Une · · Par Claire BERNARD

«Plus que les kilomètres, ici on compte les morts» : sur le front de Zaporijjia l’armée ukrainienne se bat pour reprendre l’avantage

# «Plus que les kilomètres, ici on compte les morts» : sur le front de Zaporijjia, l’armée ukrainienne se bat pour reprendre l’avantage Dans les steppes de la r

# «Plus que les kilomètres, ici on compte les morts» : sur le front de Zaporijjia, l’armée ukrainienne se bat pour reprendre l’avantage Dans les steppes de la région de Zaporijjia, au sud-est de l’Ukraine, les soldats du 225e régiment d’assaut mènent une lutte quotidienne pour tenter de regagner du terrain face aux forces russes. Selon un reportage du Figaro publié le 16 juin 2026, ces combattants évoquent une timide « contre-offensive » dans un secteur où les drones règnent en maîtres et où chaque déplacement est un risque mortel. ## Une « kill zone » permanente sous la menace des drones Le lieutenant Oleksii et son copilote Artem évoluent dans une zone qualifiée de « kill zone », où la vitesse est la seule alliée. À 130 km/h sur des routes crevassées, le 4x5 slalome entre les trous d’obus tandis qu’Artem scrute un détecteur de drones, antennes déployées. « Ce sont les nôtres », rassure-t-il lorsque l’appareil émet des bips intermittents, signalant la présence de drones dans un rayon de 10 kilomètres. La grande ville industrielle de Zaporijjia s’efface dans le rétroviseur, tandis que le véhicule se dirige vers Houliaïpole, l’un des secteurs les plus disputés du front. Cette région, marquée par des combats d’une intensité rare depuis le début de l’invasion russe en février 2022, est devenue un terrain où la technologie drone a profondément transformé les tactiques militaires. Les soldats ukrainiens doivent composer avec une surveillance aérienne quasi permanente, rendant chaque mouvement extrêmement périlleux. ## Une contre-offensive prudente mais réelle D’après les témoignages recueillis par la journaliste Élisabeth Pierson, envoyée spéciale du Figaro, les hommes du 225e régiment d’assaut perçoivent une évolution récente dans la dynamique du front. L’expression « contre-offensive » est utilisée avec prudence, mais elle traduit un regain d’activité militaire ukrainienne dans ce secteur stratégique. La région de Zaporijjia, qui abrite la plus grande centrale nucléaire d’Europe, demeure un enjeu majeur pour les deux camps. Les soldats interrogés insistent sur une réalité brutale : « Plus que les kilomètres, ici on compte les morts. » Cette formule illustre le coût humain d’une guerre d’usure où la progression territoriale se mesure en mètres plutôt qu’en kilomètres, et où chaque avancée se paie au prix fort. Les pertes, bien que non officialisées par les états-majors, seraient significatives des deux côtés. ## Des conditions de combat éprouvantes La vie sur la ligne de front de Zaporijjia se résume à une succession d’évacuations de blessés, de rotations d’unités et de missions de reconnaissance. Après avoir achevé l’évacuation de soldats blessés, les hommes du 225e régiment reprennent place sur la ligne de front, conscients que la moindre seconde d’inattention peut être fatale. Les drones, omniprésents, livrent un « combat féroce » selon les termes du reportage, aussi bien dans la « kill zone » que dans les rues des localités avoisinantes. Cette guerre technologique impose une discipline de fer : silence radio, déplacements nocturnes, camouflage permanent. Les soldats ukrainiens doivent constamment innover pour contrer la supériorité aérienne russe en matière de drones de reconnaissance et d’attaque. ## Un front sous haute tension Alors que le conflit ukrainien entre dans sa cinquième année, la région de Zaporijjia demeure l’un des points les plus chauds du front sud. Les forces russes, retranchées dans des positions défensives solides, opposent une résistance acharnée à toute tentative de percée ukrainienne. La contre-offensive évoquée par les soldats du 225e régiment pourrait viser à soulager d’autres secteurs ou à tester les défenses adverses en vue d’opérations plus larges. Les perspectives restent incertaines. Les combats de drones, qui se sont intensifiés ces derniers mois, semblent appelés à se prolonger, chaque camp cherchant à prendre l’avantage dans cette guerre électronique. Sur le front de Zaporijjia, la bataille pour reprendre l’avantage se joue désormais dans les airs autant que sur terre, dans une région où les coquelicots continuent de fleurir entre les cratères d’obus.